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26.05.2006
La petite robe
La petite robe que m'a offerte Klaus est terriblement désuète à présent. mais il était de ces rares personnes qui savent vous rendre belles. De ceux qui ont le don pour vous faire accéder à des couloirs dissimulés de notre émotion. Et Dieu sait s'il y en a. Des chemins de traverse, des randonnées sublimes, des trous perturbants mais toujours éclairant nos zones et nos folies douces.Un jour, nous avions entrepris un voyage pour retrouver les traces de quelqsue chose de lointain. Au moment de prendre le deuxième couloir de l'hôtel, ma vision s'est heurtée à un noir assommant. J'aurais pu reconnaître l'odeur de sa main parmis mille autres. Nous avons de ces assurances, lorsqu'on aime..Cette odeur de tabac froid mêlée à celle d'une fragrance ennivrante , un mélange de parfums, je crois, celui qu'il avait en partant de Paris et ce cette fiole achetée dans une ruelle du centre. Sa main avait choisi de me voiler la vision comme si il y avait , à cet endroit précis un souvenir perdu que le simple acte effectué par mes yeux aurait ravivé. Un couloir. Un secret. Un trou noir. Un trou de pellicule que je ne devais pas saisir. Il fallut jouer le jeu. Mais il savait que je repasserai ce couloir les yeux grand ouverts aussi rapidement que possible. Lorsqu' on est arrivé dans la chambre. Il connaissait le lieu,évoluait dans l'espace avec cet habileté singulière de ceux qui ont dejà tutoyé les lieux. Il fallut se taire et attendre le dévoilement du secret. Uns ecret qui allait décacheter un pan important de sa vie à lui et qu 'il jugeait dangereux que je découvre.. Tout cela me revient maintenant par ce hasard de vie où ma main est en contact avec cette étoffe froissée..Une odeur subsiste. Je me demande combien de temps une odeur reste désespérément accrochée à un bout de tissu, plus tenace même que la mémoire de quelqu'un, qui elle, s'entortille entre imaginaire et tri affectif..
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22.05.2006
O-râge
Il y a un truc que tu n'as pas compris, disait la voix feutrée,grave et éraillée de Julia, je ne t'ai pas fait venir ici pour que tu me découvres, avec cette légère insistance sur la fin du mot exigée par la mélodie de son accent méditérranéen, tu es ici pour baiser, et tu le sais très bien, alors arrête de te faire croire le contraire.
La pluie avait finalement décidé de prendre le dessus sur la bonne humeur ambiante. L'atmosphère lourde et les parfums torrentiels avaient contribué à éveiller le désir chez cette femme pour qui chaque instant comptait. C'est le manque absolu qui se traduit avec une facilité exhubérente en un besoin corporel, charnel, imprécis. Toujours répondre au besoin du corps, pensait-elle. Y compris lorsqu'il s'agissait d'un besoin d'auto-destruction.Certains climats météorologiques sont propices à des rafales de sensualités inopinées. Ce ballet d'éclairs et de chutes apocalyptiques d'eau salée faisaient furieusement battre le petit coeur qui se situe entre les jambes de femmes ,mures pour l'accomplissement de leurs envies, et terriblement vascillantes. Julia disposait de ses caprices comme une enfant dans son royaume de jouets, elle éventrait les hommes qui l'approchaient. Mais ce qu'il se produisait , dans son esprit, concourrait à créer son propre malheur et elle avait la conscience aigue de ce désastre. Elle, qui auparavant était la bonté même, l'idéal de femme qu'on cajolerait dans un foyer moelleux, se mutait lentement, avec cette gluante obsession, en femme effrayante,titubante,ensorceleuse et absolument malheureuse.
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Le lundi
J ai habitué ce blog à de l'ecriture, mais aujourd'hui juste envie de me transformer le temps d'une demi-heure tout au plus, en une femme pour de vrai, de celles qui se rongent les ongles parfois, de celles qui mettent des bas pour faire sexy alors que c'est super pas pratique et que ca colle plus au bout d'un moment, celles qui adorent regarder des merdes de series à la télé pour se détendre, celles qui croisent les bras pour cacher un petit ventre rebondissant sous le Tshirt..
Donc demain c'est lundi. Et comme toute femme obsédée par ses complexes, le lundi , c'est pas ravioli, c'est slimfast. Oui parce qu 'il y a un été qui se rapproche et que ce n 'est qu'une légende que les filles raffolent naturellement du melon en été, sans concession, à tous les repas. Nous nous forçons, bien sûr.ce soir je suis d'humeur hélène et ses boys. Ca m'arrive une fois l'an, et puis ça me fait du bien de croire que je suis une femelle normale. Alors j'ai aussi mes histoires de fifilles moi.Et ce soir, j' enrage car j'ai loupé une occasion splendide de permettre au destin de mettre MON BEAU MARCHAND DE VIN sur la voie de la femme de sa vie..Parce que moi et mon ridicule féminin sommes rentrées, fatiguées, d'une séance de ciné inter-minable, et avons tourné en voiture pour nous garer. Sauf que devant ma porte un duo masculin etait tranquillement en train de discutter.Sauf que l'un d'entre eux a vite été démasqué: Le Marchand de Vin, devant Ma porte.AMinuit. Bon à cet instant la jeune fille se regarde dans le rétroviseur, se passe nerveusement la main dans les cheveux, se sourit bêtement pour voir ce que ça donne, dramatise que justement cela donne rien à part la tête d'une pauvre fille qui vient de se taper deux heures et demi de Da Vinci Code, tourne a gauche, trouve une place, sent son coeur accélérer. marche droite, faisant claquer ses talons d'une manière fellinienne, est prise par une petite troupe qu'elle peut denoncer comme "foule néfaste" à son entreprise de révélation.. Et le barrage passé, elle avance, contourne les deux hommes, s'excuse pour pouvoir passer la porte devant laquelle l'inconnu parle avec son Objet de Désir quotidien, et continues son chemin, désespérant de son idiotie et persuadée que l'Homme Dyonisiaque l'a reconnue,se dit qu'il doit VRAIMENT et definitivement la prendre pour une folle..En fait depuis le jour où elle lui prêté furieusement son bouquin fétiche: VOUS ETES FAITE DE PEINES ETRANGES de Bernie Bonvoisin, et qu 'il se sont echangés quelques sourires et quelques mots, elle attend qu 'il lui rende, eventuellement accompagné de son numero de telephone, par exemple, mais l'Homme lit beaucoup de choses en même temps et il n' pas finit ce cher Bernie.
stop
01:07 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
18.05.2006
Coeur à cros
Les enveloppes timbrées par des coeurs foisonnent dans ma boîte aux lettres.On dirait que le printemps les dépose, mesquinements, pour me faire apprecier à sa juste valeur toute l'étendue de ma solitude et de ma complexité et toutes la conneries de ce que je fais d'elle. Je téléphone pour confirmer ma présence..Et toi les amours? Elles sont contingentes..Et le boulot ça va? Quel boulot? Certains osent, à tatons: Et tes romans tes ecrits t'en es où?
Elles s'en sortira, pensent-ils très fort.
Je ne devrais pas me rendre à ces mariages succéssifs auxquels rien ne m' a préparé. pas le moindre soupçon d'une vie normale m'accoutumera à ce banquet de sottise par avance et la plongée sera rude, il faudra retenir en apnée bien sagement toutes les désolations de mon cerveau, revêtir le masque drôle et rieur sous lequel ils m'ont connue, simuler le plaisir devant les anciens amants dont les traits se sont complètement effacés sous les décombres de ces histoires de ma vie. Mais je ne louperais pour rien au monde le cul meringué de ma cousine au bras de son pingouin deguisé en mauvais sosie de BHL. Il faudra se parer des plus beaux sourires et de la répartie adéquate en toutes circonstances. Ne pas s'évertuer à expliquer notre différence, mais l'effacer , le temps d'une soirée, puis d'une autre. Et surout , être heureux pour eux, pour l' heure...
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17.05.2006
Dialogue
- Il est très fort
-
Mon désir
De toi
De te voir
-
-Tu as lu Nicolas Fargues, je suis un peu dans la même situation que dans le roman
-
-Nous sommes tous un peu dans la même situation que dans ce roman. Et ?
-Rien, c’est tout. Tu es derrière moi.
- Comme dit le roman de véronique Olmy : " La pluie n’enlève rien au désir ".mais dans le roman, je suis à quelle place ? C’est moi qui a i vendu les cigarettes ç la jeune fille pour qu’elle les pose sur la table de nuit avant l’amour ? C’est à peu près ça ? Ou es –tu ?( comme dirait marc levy)
-A l’intérieur de mon émoi
-Elle en a de la chance la demoiselle
-De quoi
-Celle qui monte derrière la vespa dans ta vie
-Au fait " Le passé " tu as lu ?
-Oui
-Et ?
-J’aime profondément, ça m’a bouleversée et je suis bien trop bancale pour ce genre de secousses , d’ailleurs, mais j’ai aimé être bouleversée. Il ne manquait que les doigts de la personne qui m’a conseillé ce roman pour caresser ma joue brûlante.
-Ils caressaient d’autres joues, les coquins.
-Sont-ils limités à une seule joue ?
-Monogame
-Les yeux aussi sont monogames ?
-Disons que je suis un être essentiellement optique.
-Je vis des choses trop tumultueuse en ce moment. Je m’épuise.Je suis sure que tu serais de bon conseils pour moi
-Je suis de super conseil, je suis couru pour cela.
-Et pour les regards nocturnes dans de grands fauteuils confortables tu es couru aussi ?
-Je me retiens
-Viens.
-Je suis dans mon lit avec du thé vert ma belle-Sors de ton lit. Le lit à cette heure ci n’est pas fréquentable
-Mon pyjama ne veut pas
-Sors de ton pyjama aussi
-Un autre jour, une autre nuit
-Tu ne risques rien , je suis fidèle à mes 9 amants
-Là j’ ai peur, vraiment, moi qui suis fleur mauve
-Je fais souvent peur pour d’autres raisons
-Lesquelles
-Tu sais que tu risques d’apprécier
-Mais tu fais peurs pour quelles raisons ?
-Des raisons inexplicables ici. Mais celle à qui je fais le plus peur c’est moi-même. Je me rapporche indistinctement des femmes que j’écris. C’est une course inéluctable dans laquelle mon corps tout entier s’est engagé.Une orgie de sens. Des maux qui rejoignent mes mots ou bien le contraire.
-Au secours c’est dangereux ton truc. Distanciation
-Les odeurs se succèdent sur mes vêtements fatigués par des nuits froissées.. Ton souffle servirait de baume..
-Mais qu’est-ce que tu fais de tes nuits ?
-Cette nuit j’ ai envie de poser ma tête sur ton épaule.
-J’ai un faible pour les jolies têtes
-La mienne est plutôt afréable je crois.
-Oui
-" sensuelle presque sexuelle " on me l’a dit hier soir
-afréable, drôle de contraction
-oui comme quoi
-Bien, et l’esprit, le cœur ?
-Le cœur griffonne, tout est turbulent à l’intérieur.
-Moi j’ai le cœur confiture. C’est rouge, sucré mais ça dégouline.
-J’adore la confiture. Souvent, au creux des reins, entre deux draps, on me murmure que je suis bien différente que lorsque je ne suis que poupée gitane.
Nous nous sommes peut-être dejà croisés plein de fois. Vous ne croyez pas aux hasards ? Mes dernières semaines en sont pleines.
J’aimerais découvrir votre regard se refléter dans le mien.
- Il n’y a pas de hasards il n’y a que des rendez-vous
-Si vous saviez comme j’ai peur, peur de ma nuit.. Ma main attendez la vôtre, peut-être, pour résoudre ses inéquations.
-Pourquoi peur
-Je veux de toi que tu ne survoles pas mon regard. Je veux que tu le plonges dans le mien. Jusqu’ à ce que plus personne ne respire autour, asphyxiés par tant de force.
Crois tu que tes doigts glisseraient dans les miens en douceur ?
-Ils ne savent que glisser en douceur
-Tu sais je serais heureuse un court instant si j’avais les doigts serrés par ta paume chaude. Ce que ça doit être grisant de dormir dans les bras d’un inconnu à qui l’on ne devine pas d’intentions macabres..
-Pourquoi macabres ?
-Je dormirais bien dans vos bras, j’en suis sure
-Un jour si Dieu veut..
-Vous n’êtes pas aventurier, si vous aviez été comme Nicolas Fargues, vous auriez glissé avec délice dans la proposition de rencontre romanesque que je vous ai laissé entrevoir.. dommage que dans la vie normale les hommes soient si peureux de toute sensation nouvelle..J'aimerais encore être surprise par un zèle de conatus..
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11.05.2006
Everything
Un homme passe et les anges se taisent car ils n'ont plus place dans le silence ici -bas. Certaines voix sont pareilles à celle de la nuit et du jour et des deux réunies. Certains regards chagalliens sont tels qu'ils vous remplissent et viennent combler chaque parcelle de doutes que vous pouvez avoir contracté.Il n'y a pas d'explication rationnelle à cela, je crois.Une parcelle de réalité s'insinue entre deux regards mais y -a-t-il besoin de mots? Il faut rester laïque avec cela. On me l'a dit. Je le crois. il y a simplement des gens qui sont là pour vous orienter vers des émois sincères et des vies taillées dans du diamant. Il y a simplement des envies qui pénètrent et qui font dire à votre bouche des choses qu 'on qualifierait en temps normal de "n'importe quoi". Mais le n'importe quoi n'a pas de prise sur le songe.Et une bouche qui se lance un défi à elle-même capable de susurrer des mots violents- J'ai passé la nuit avec vous, c'était délicieux- est une bouche réchauffée par l'atmosphère.Mais le son , dans tout ça, le son se désamorce. certes, vous pensez à la nuit,au bruit froissé, vous vous noyez dans des verres d'eau et des tasses de cafés. Il faut baisser l'intensité, rester laïque. je laisse ces réglages de thermostats aux autres. Le désir, passe par là. C'est inévitable.Il a le son d'une voix chaude et le sourire rieur d'une paupière gauche plissée par les clignements incessants.
"je descend le dernier escalier et je pense que je n'ai même pas baisé sa joue pour retenir une odeur de cette occurence du destin"
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07.05.2006
06:09
désir affamé, assoiffé d'amour
Je fais l'amour avec un homme , un de mes hommes armés, un de mes amants nocturnes. Il est tendu ,son sexe est fort, il dévale les courbes de mon corps au rythme que j'impose. Ses yeux caressent ma bouche et sa langue se faufile.Il parle de choses qui ne m'intéressent pas. Il me vouvoie. Il aime. Il aborde le plaisir comme une campagne électorale. Pas une ride ne vient ombrager son sexe alors que sa voix est dejà lourde.Je mets en sourdines les mots qui dégringolent. Il ne sait pas ce qu 'il dit , le désir rend romantique.Et moi ça me débecte. Je tire profit de tout cela car je ne peux pas trouver de porte ouverte au sens qui s'éffiloche dans l'existence. Il n'y a que le sexe qui emprisonne les inquiétudes, le temps d'un oubli. Sacha m'écrivait cette nuit: " j'étais derrière toi ", en référence à ce livre. Je lui ai répondu que je ne voulais plus personne derrière moi à cause de mes fantômes qui se bousculent. La fièvre de mes jeunes années est enterrée derrière moi et j'ai du mal à la protéger des raffales de vents de désirs. Mes larmes coulent sur mes seins alors que je devrais jouir face aux caresses perfectionnistes de l'homme qui est en train de jouer avec moi. Non, je ne crois pas que ce soit vrai. C'est moi qui joue. Enfin je ne sais pas.Je suis la proie du désir de cet homme mais il est la proie de mon désir d'oubli. L'amour, le vrai, celui qui rend ta chair foudroyée, tes veines explosées, je l'ai appris trop tot, à l'âge où les jeunes filles sont en fleurs et le monde en rose électrique.Il a crié en moi , je ne pouvais rien faire d'autre que le vivre.C'est une chute directe dans la marmitte de l'absolu. Lorsque tu te retrouve face à la noirceur, la vraie, tu dérailles, évidemment, même si l'univers autour déploie mille artifices pour t'être agréable. Mais les rails sont de toutes façons déjà démesurés. Tu n'es plus adaptés.
L'homme qui m'attaches les mains pour mieux jouer avec ce vibromasseur négligemment laissé près de ce lit croit détenir la clé de mes nuits blanches. Je le laisse croire, je ne veux pas qu'il sache ce qui se cache derrière mes paupières.
Mon sexe chauffe, mes larmes coulent. Ce sont des réminiscences. Obsédantes. Ces souvenirs reviennent parfois avec un peu trop de troubles. Je crois être sèche, complètement sèche mais je me trompe.
Je suis encore dans un désir assoiffé d'amour.
On en est tous là.
Le sexe de Patrick pénètre en moi. La première fois est toujours très forte, je me débrouille pour cela. Je connais les armes à déployer.Ensuite, nous renouvellons le désir ou bien il s'épuise. Patrick a tout essayé, dit-il, échangisme, saomasochisme..tout sauf les trois interdits basics. Qu'il ne s'avise pas à me frapper parce que je pourrai mordre.Il baise.Je ne veux pas de sa tendresse. Qu'il parte après. Vite. Il désespère. Pourquoi je ne veux pas le sucer et pourquoi je ne veux pas l'aimer , même un tout petit peu. Qu'il se taise. Mes arguments ne lui suffisent pas? Qu'il s'en aille. Je ne jouis pas aussi vite que la dernière fois. Je pense à l'amour. Mauvaise pioche. Je pense à cet inconnu qui me hante depuis que sa main a frolé mes allumettes. Peut-être que c'est en pensant à cette nuit sur l'Ile Saint Louis que je jouis. Je crois que oui. Ce n'est plus Patrick qui attise mon désir. Il n'a d'ailleurs jamais attisé autrechose que la sale odeur du sexe. Le garçon à la chevelure brune et aux mains très douce fait irruption anormalement dans mes pensées. Dorian a raison. Le sourire d'un inconnu parfois peut vous rendre autre. Je redeviens une jeune fille. Celle dont les yeux font les timides. Celle que j'observe, étrangère, dans les films qui ne parlent jamais de moi.
L'homme qui me caresse le sein, étendu de tout son long sur le lit avec le sexe pendu à un bout de plastique qui cherche le toboggan pour s'évader, ignore le goût salé qui s'est déposé sur ce bout de chair pendant que sa langue s'affairait à titiller mon entrejambe. Nos corps ont une vie indépendante.
L'esprit, c'est une autre affaire.
Mon esprit est aussi sombre que ce plafond. J'aime et je hais ces moments sans douceur.
Marre de croire que les morsures de l'aube ont un sens. Marre de croire que je peux changer de vie comme si le passé n'avait pas de prises. Marre de croire encore(cause certaine: mon jeune âge résistant) que les doigts d'un inconnu qui frole mes allumettes, chères allumettes, un moment de grâce dérobé à la dureté des choses, peuvent être le signe d'une promesse de tendresse.
Ce n'est pas les sexes de ces hommes qui changeront la face du monde.
Ca permet de se sentir vivant. Avant , je savais qu'on est vivant que lorsqu'on aime.
Je le sais toujours. Mais comment on aime lorsqu'il y a une pierre entre vous et l'amour.
J ai la tête dure et le coeur serré. J'ai gouté au désir ravagé, j'ai gouté à l'absolue tension des corps. J'ai gouté à la douceur des lèvres. Certains regards ne se floutent pas le lendemain.Celui du jeune homme de l'Ile Saint Louis est intacte.Il a le profil de ce souffle qui vous emporte dans les débuts de films. Mais je regarde trop de films ou bien il ne regarde pas les mêmes que moi.
Patrick se lève puisque, dit-il, mon sourire en coin ne lui est pas destiné. Il a raison. Je lui raconte. J'aime ma cruauté. Les hommes détestent plus que tout être trahis dans leurs performances sexuelles. Je sais être mauvaise. Il ne supporte pas ma jouissance dérobée au fantasme d'un inconnu, lui qui y avait mis toute son âme.Tu parles, que des conneries.
Le bruit de ses vêtements qui se froissent dans son empressement. C'est ça. Pars et ne reviens pas. Il a l'oeil triste. La porte claque. Je respire enfin. Mon corps se prélasse. Je ne devrais pas être si dure. Ca ne va pas avec les traits de mon visage. Et ce visage qui hante mes pensées.Etrange objet de désir. Un visage qui occupe la part la plus intime de mon être et non pas les attractions élémentaires du désir.Comme dirait Duras, il me plait. Quel événement.
Un événement ça passe. Je connais trop bien le bruit des passages. Ce qui compte c'est la poésie que m'inspire ce genre d'émois. J. me dit toujours de "tenir mes absolus aux aguets"*. Je le fais. Jerôme a toujours raison.. Il sait ce qu'il me faut. Moi pas.Il te faut un homme dont les bras te transportent.Il te faut un homme qui aime la vie pour deux, pour toutes les fois où tu ne l'aimes pas assez.Qui puisse t'ôter ce "soleil infructeux qui a été déposé dans ton coeur"*...
Je ne crois plus en grand chose mais certainement encore trop à ce sentiment insaisissable. Je ne vois pas pourquoi il me faudrait un homme, les hommes ils passent.
Mais ce tumulte du coeur, cette folie dans ton cou.. Ne pas confondre un moment d'absolu et un amour absolu. Même si les racines sont les mêmes. Trop rares sont ceux qui en conviennent. Je n'ai plus peur d'être franche. On gagne un temps fou.Foudroyant, mais fou. Patrick je ne pourrais jamais l'aimer. Il le sait et cela qui le rend dingue. C'est cette mécanique qui est usante.Mal-traites le , il te suis, aimes le il te fuis. Lorsque tu as connu la vraie dépossession de toi et le paratge d'une âme tu ne conçois plus qu'une devise pareille puisse régir le monde. Je l'applique bêtement depuis ce qui est arrivé. Mais comme tout passe et tout recommence.. Le sentiment renait parfois. Je ne supporte pas l'hypocrisie ambiante et ces hommes qui obéissent à ce carnage de chair. Et je me protège derrière ces sexes.
Je vois pointer la petite lame de sensibilité depuis ce samedi soir sur l'Ile Saint Louis.Une envie de bras se fait jour. C'est pas sérieux et ce genre d'inclinaison m'effraie.Parce que si c'est sérieux. Quand je commence à écrire dessus c'est dangereux.
Je ne croyais plus vraiment en ces rencontres qui vous dérivent. Mais la vie-toujours aussi maligne à ce que je vois- a tenu à me prouver le contraire. "Qu'ai-je dit ou pas dit pour que tu n'oses pas bousculer ma vie? " écrivait axel raeyan dans une de ses notes. Je pense à cela toute en me persuadant que ce n' est pas pour moi. Evidemment. C'est le temps des cerises qui me rattrape mais il y a cette sombre couleur au fond de mon regard,brune comme les pensées les plus vaines. C'est dangereux.
J'aime le danger c'est très excitant et ça fait appelle à toute la liberté des sens.
Cet homme qui m'appelle. Il me désire . Ses mots fusent à l'autre bout du téléphone. Lorsque je le vois je sais que le désir peut monter. Purement mécanique. Sa voix d'homme mur me susurre des choses salaces. D'autres jours je pourrais aimer. Aujourd'hui c'est un peu tôt et puis mon cerveau est ailleurs quelque part en apesenteur d'un quai de Seine.Il veut baiser avec moi toute une après midi, me glisser sa langue partout, m'emmener dans un hôtel ou un club échangiste. Il parle de sexe comme il parle de la météo. Ca me dégoute.Il est rodé aux étapes du désir. Je le calme. Il doit être bien plus excitant en jean qu'avec ses costards impeccables. Je pense à ses quatres filles. C'est triste un homme de télévision qui se donne comme ça avec tant de désirs salaces alors qu'il a le plus beau cadeau au monde: des enfants avec des sourires au bublble gum.Il me demande si j'ai baisé hier soir. Ca l'excite. Il me demande si je suis amoureuse. Je ne sais pas. Il ne peut pas comprendre un sentiment aussi fugace pour un homme avec qui on n'a même pas baisé. Il ne peut pas comprendre grand chose. Sa vie se résume à Télé-sexe à outrance. Je suis libre. Je ne le reverrai plus. Il ne le sait pas encore mais peu importe. Il me parle de son érection devant l'entrée de la piscine d'Issy les Molineaux. Je raccroche.Je respire. Je sais que je ne suis pas faite pour ça. J'ai le corps et le coeur taillés pour la tristesse. Je ne demande rien à personne.Plus rien. Si je peux prendre un moment de douceur. Je prend. Je ne refuse jamais un moment de plaisir.Mes rêves sont dans d'autres yeux.
Envie d'un moment d'oubli sur un quai chaleureux.
*emprunts
06.05.2006
Histoire DO'
Rien que pour cela ça vaut la peine de regarder quelqu 'un dans les yeux. Mes yeux à moi ont peur du jour. Pudiques, ils préfèrent la nuit, ils ne voient pas alors ce qu'il y a en face d'eux. Je ne suis pas tant fille du 6ème, que fille de mes failles. Tu connais cela, des larmes et caetera..
Il y aura du soleil et un coin de nuage cotonneux et des chaises basses vertes foncés et le bruit des enfants qui profitent de leur insousciance, ou il y aura le ciel noir de Paris perché en haut d' éffluves incertaines et mes yeux charbons te raconteront plein de jolies histoires de Seigneurs beaux et cons et Belles pas si candides..

LAQUELLE?
Les yeux dans les yeux. Sans danger. Juste cela. Et si encore Danger il y a toujours ça
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