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19.06.2006
je plane
Je revenais d'un marathon littéraire-genre quelque peu original- et mes pieds et moi etions ravis de regagner la sainte terre située à l' autre bout de ce trajet en avion. L'avion commença à balancer un peu, je tournais la tête vers le hublot et vis comme l' aile tremblait. La panique, cette petite garce, a voulut s'emparer de moi, mais va savoir, la fierté peut-être, j' ai plongé mon visage dans l' exemplaire de la revue DECAPAGE que venais de m'offrir gentiement l' élégant redac chef. Feignant de me concentrer sur la nouvelle devant moi, mes yeux tournaient inévitablement vers le hublot pour vérifier l' intensité des tremblements de l' apareil. Le jeune homme à côté de moi semblait démesurément stressé et il dévorait un à un, puis en aller-retour, tous les ongles de ses mains, j' aurais aimé faire quelque chose pour lui. Lui prêter DECAPAGE? non trop risqué-qu' allais-je faire moi si l' avion entamais une course folle contre l' accident-, ou biejn lui prêter une de mes mains? Mais alors j' aurais gaché le fruit d'un long travail sur moi qui m'avait couté des mois de chewingum dégeulasses. Une forte secousse ébranla notre microcosme et mon regard fonça sur le visage de l'hotesse de l'air. J' ai cette manie de scruter leur visage en cas de bruit suspect ou de secousse comme celle-ci, je pense qu' à leur tête je saurais si OUI ou NON je DOIS m' inquiéter.Je me demande si on leur donne des cours de théâtre pour voiler leurs angoisses.Ah un petit coup d'oeil à son collègue du fond, ça sentait le blème ça et moi qui avaiat toujours redouté l' avion , à chaque fois que j'en prend un j' en ressors avec des crampes aux abdos à force d'avoir tout serré bien fort. J'ai paniqué intérieurement mais m' éfforçais de ne pas le montrer. J' ai regardé à travers le hublot mais ma seule vision fut ce grand gaillard tout penaud avec ses doigts rongés et re-rongés et son visage de panique. Une seconde de trop : il me vit en train de l'observer. Il prit ça pour un signe sans doute de ma complicité et m' aggripa presque sauvagement la main. Je sentis son tremblement intérieur. Les lumière de la cabine se coupèrent brusquement et je revis en accéléré toutes les plus mauvaise scènes de films du dimanche soir sur TF1. J'avais juste envie de crier: Y-a-t-il un pilote dans l' avion???? J' ai sentit une larme chaude sur ma main. Le grand truc au bout de main pleurait maintenant. Que diable avais-je été faire dans cette galère? Il a fallut le consoler. Va consoler un grand machin apeuré qui se ronge les ongles quand toi aussi tu es sur le point de mourir bêtement et sans l' avoir décidé..
C'est là que j' ai compris une bonne fois pour toute que les hommes n' étaient plus ce qu'ils étaient. J'ai empoigné fermement le grand et l' ai encerclé de mes bras pour le calmer, il a posé sa tête contre mon épaule comme un bébé l' aurait fait.Ca dégoulinait de mièvrerie. Il était pathétique et moi je ne m' aimais pas du tout dans le rôle héroïque de la femme forte. J'étais affolée intérieurement et j' aurais tout donné pour être installée dans les bras confiants d'un homme, un vrai.Je voulais être la petite puce cherie d'un homme aux bras confortables et rassurants qui m' aurait sussurré : " t'inquiète pas mon coeur ça va aller" . Le commandant de bord a annoncé que nous étions sortis de cette zone de turbulence. Il a parlé de notre proche attérissage. Le grand m' a lachée et m'a remercié pour mon soutient. Il pouvait. Je lui ai dédiée mon plus beau sourir hypocrite parce que j' avoue que ce jeune homme d'un mètre 88 au moins ne m' émeuvait pas le moins du monde. J'ai feint l' endormissement et j' ai couru très vite en sortant de l' avion. Le taxi m' a posée en bas de chez moi. J'ai dû monter les quatre étages avec mes pieds empoulés et ma valise trop lourde et j' ai réellement pris conscience qu' il me fallait un homme dans ma vie.
A la télé , un vieux clip de Patrick Juvet défilait: Où sont les femmes? et je me disais qu' ils n' avaient pas honte de passer encore des inepsies pareilles..
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04.06.2006
Le reste n'est que barbotage
Il arrive parfois, rarement, qu'on rencontre quelqu'un qui nous donne de nos nouvelles.
Ca arrive sans qu 'on se rende compte de ce qui est en train de se produire.
Il me raconte ma vie avec un peu d'avance.
Ce soir je rentre sereine et paisible, mes mains sont encore habitée par cette odeur.
La rose coupée du rosier Pierre de Ronsard trône sur le bureau et le sommeil prend soin de moi. A moins que ce ne soit Lui.
01.06.2006
Parole
Pour ne pas vivre seul
On vit avec un chien On vie avec des roses
Ou avec une croix
Pour ne pas vivre seul
On s'fait du cinéma on aime un souvenir
Une ombre, n'importe quoi
Pour ne pas vivre seul
On vit pour le printemps et quand le printemps meurt
pour le prochain printemps
Pour ne pas vivre seul
Je t'aime et je t'attends pour avoir l'illusion
De ne pas vivre seul, de ne pas vivre seul
Pour ne pas vivre seul des filles aiment des filles
Et l'on voit des garçons épouser des garçons
Pour ne pas vivre seul
D'autres font des enfants des enfants qui sont seuls
Comme tous les enfants
Pour ne pas vivre seul
On fait des cathédrales où tous ceux qui sont seuls
S'accrochent à une étoile
Pour ne pas vivre seul
Je t'aime et je t'attends pour avoir l'illusion
De ne pas vivre seul
Pour ne pas vivre seul on se fait des amis
Et on les réunit quand vient les soirs d'ennui
On vit pour son argent, ses rêves, ses palaces
Mais on a jamais fait un cercueil à deux places
Pour ne pas vivre seul
Moi je vis avec toi je suis seule avec toi tu es seul avec moi
Pour ne pas vivre seul
On vit comme ceux qui veulent se donner l'illusion
De ne pas vivre seul.




