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29.10.2006

détour

Encore un feu. Je vois rouge aujourd'hui, rouge et trouble. Une main sur le volant, l'autre sur le bouquin, je parcours quelques lignes entre deux piétons, je zigzague entre les choses à faire et les mauvaises pensées. Manqué de renverser trois grosses mémés avec chiens hideux en otages de leur propre servilité. Quelle horreur d'être un caniche à la merci d'une vieille aigrie qui sent l'imitation shalimar achetée il y a sept ans par un fils disparu. Je préfèrerais être un doberman dans un film de Ian Kounen. Je suis tremblante, le stress et les surplus de réverbération d'âmes sur ma poitrine , là,à gauche. Je rentre excédée, encore mille trucs à faire et ce coup de fil. Lui encore. Encore une fois, dans les draps froissés, mes cheveux dégringolent en cascade.Noirs jais sur le blanc presque argenté de la soie. Et lui qui dort tranquillement sur le côté et moi, mon sommeil léger, effrayée que je suis de le retrouver là, encore un peu plus près de mon intimité. Me voilà encore à regarder dormir sa chevelure bouclée. Ses yeux bleus sont entièrement soumis à un probable cauchemar. Trop dormi, pas assez, trop peu sereine en tout cas. Les jambes mélangées, les corps saccadés, deux peaux qui se livrent une bataille privée. je sais que j' avance en terrain de moins en moins conquis avec ce corps qui me libère et me déchaine. Je me sens loin de ces hommes de nuits, ces hommes armés que je recourvre avant même de les avoir découverts, les corps assassins qui donnent ce que l'on demande et ne peuvent pas incliner à vouloir davantage. Et tremblante j' avance et je donne ce que personne ne saurait mieux me dérober. Telle est cette cruelle loi: rien ne prédestine celui-ci plutot qu'un autre. Pourtant on se retrouve au bord de l'amour sans vraiment l'avoir cherché. Je me relève toujours, armée jusqu' aux dents, sans perdre pieds dans cette marrée sensuelle mais réapparaissent les manques et les détours: si peu douée quant il s'agit de dire, trop habitué à ne faire qu'écrire. Un coeur à corps harrassant. Ou bien une pause. Faire un temps mort en plein coeur de ma bataille avec moi-même. Il s'agit avant tout de cela. Il y a cette phrase : " Ce n' est pas ma faute si l'on s'arrache le corps à tenter de vivre à deux, si l'on se perfore le cerveau pour oublier que le nous, ça n' existe pas" Ariel Kening, La Pause...

26.10.2006

Une vague

Au bout du couloir, il y a une lumière tamisée et des mains accueillantes. Tu as passé une journée de merde, un week end de merde, une semaine de merde. tu te prends les pieds dans des bouts de vies étrangères qui ont l' air d'exister seulement pour te pourrir la gueule et le quotidien.Tu as des larmes plein le visage et même, si l'on cherche bien, on peut en trouver dans tout le corps. Mais pour l'heure, ton masque tient le coup. Les traits de ton visage ne daignent même pas afficher des rides d'anxiété. Alors au fond du couloir, lorsque tu t' allonges tu ne devines pas ce qui se cache dans le son des vagues autour de toi. Un premier geste. Une main qui empoigne ton bras, malaxe tes doigts, caresse ton front. La tension cède, non pas doucement, mais très brusquement. Une chute libre, pente raide, un flot de petites contrarietés et de gros soucis. Ca se fait pas de renifler, pas maintenant. Merde.

Y avait des larmes plein mes joues, toujours un stock qui était prêt à défoncer la porte de sortie. Mais c' est comme avec les armoires IKEA, lorsqu'on bourre trop les tiroirs, y a même plus possibilité d'ouvrir car chaque truc est calé avec un autre truc.

Voilà l'état de mon être avant la tempête.

Recherche masseur professionnel pour services bénévoles

22.10.2006

ce hasard est coquin il provoque les choses

Quelques pas dans les pas du passé. Il y a des gens qui comptent. On ne sait pas très bien dire pourquoi ni définir comment. Mais lorsqu 'on se retourne sur les rencontres marquantes des dix années derrière, il y a une poignée de gens et de quelques moments, qui , de façon irrationnelle,  sont là , directement en tête de file, et cela n' a rien à voir avec une quantité de temps, ni de mots prononcés. Injuste mais terriblement séduisante mémoire sélective de la carte émotionnelle.
Un visage qui longtemps à plané sur mes doutes, sans trop savoir pourquoi.

 Ce soir, entre mon ami prix de flore 2006 et mon ami pulsar, en compagnie de quelques verres de vin,  mes 13 ans m'ont chatouillé les narines devant un visage charmant aux yeux étrangement familiers.
Cet homme rencontré il y a dix ans, dans des conditions assez surnaturelles, je l' ai cherché souvent.                   Cherché dans l' annuaire, cherché dans les rues, cru le reconnaitre,...Mais aussi cherché dans mes doutes, dans les décisions qu'il fallait prendre, sans trop savoir pourquoi, il était toujours dans un coin. J'avais quatorze ans, je ne savais pas ce que j' allais devenir, je ne savais rien, mais il racontait bien la vie. J'ai pensé à lui lorsque j' avançais, bizarrement, vers des directions qui me faisaient penser à lui, lui de l'époque, le dandy un peu comédien, un peu tout et rien,et je m'etonnais de voir que je suivais, sans doute par hasard, le même parcours que lui. L'homme aux yeux clairs qui avait compté était là devant moi et je n' osais pas lui demander, son nom, pour être sure, il a fallut du temps mais je ne serais pas partie sans savoir. Sans voir son sourire étonné, sa mémoire revenir peu à peu , mais si claire. Et puis on compte: 10 ans...Tu te rends compte, tu m'avais emmenée au Queen, j' avais 14ans,je t'écrivais des lettres et répondais à tes appels, tu étais un grand frère, ça t'amusait.

Etrange. Je savais qu'un jour je le reverrai. Comme une évidence. J'aurais du me douter que ce serait là, au Flore, qui m'a dejà réservé de si intéréssantes surprises... Et puis ce sont dix ans qui reculent brusquement. Tu retraces tes douleurs, tes joies, tes essais inaboutis, ce que tu es et ce que tu voulais être, tous ces doutes, ces echecs, ces regrets et c' est remords... Je repense à ces années, à cette chambre rose, ces lettres préparées pour envoyer à mon grand frère parisien, ces larmes du premier chagrin, et le reste , les années qui  avancent, qui se répètent, dans les mêmes boites de nuit, ou il aura été tout de même le meilleur souvenir, les études, les doutes, les hommes, le chagrin d'amour qui renvoyait à  ses conseils dont je me rappellais trop bien. Puis je revois ce que je suis, devenue, en devenir, ces ivresses, ces pertes de sens, tout ça, tout ec que j' aurais aimé pouvoir partager ave un grand frère rencontré dix ans auparavant... Mais on ne refait pas l' histoire...

Comme dirait pdf, " les choses se font mais lentement, faut pas être trop impatiente..." ou encore " les émotions fortes ont plus de gôut que de la vodka"...

17.10.2006

tempête

-Il faut bien que le corps exulte...Marre de croire que les morsures de l'aube ont un sens...

 -marre de croire que les baisers nocturnes annoncent de beaux lendemains...

-Et c est pas vrai que plus les caresses sont troublantes plus l espoir nait... -

Au bout des caresses il ya un être en qui on peut croire même s'il est maladroit...

 -Et s'il est trop adroit?

-j'aime les présents fougueux mais j aime aussi ce reve le mieux partagé...celui des bras rendus vers toi en toutes circonstances

-et les histoires de coeur ont le parfum de la révolte?

 -certainement ...une révolte sensuelle ,et une revolte de tous les sens , en alerte , vivants..

-Une révolte sensuelle...je monterai des barricades pour que s'opère la révolte des sens

-monter des barricades pr mieux les fracasser -oui monter des buchers pour échauder le désir la révolte sensuelle,c'est une lutte, non armée

-un amas de chair ,deux chairs qui luttent pour ne faire qu une

 

Le bruit des corps froissés par de trop peu délicates caresses, qu'est-ce que cela signifie? Le bruit de ce souffle trop pressé par un désir cinématographique. Ce que c'est simple d'être désirable et ce que c'est simple d'être désiré. Ce bruit sourd et assourdissant des vêtements qui se heurtent au noir. L'absence. A ce moment précis. Comme tu es comme tu donne et ce que tu reçois. les nombreuses vies des hommes et ce qu'ils voient. les sermons de la nuit noire et les scénarios du petit matin. Pas besoin de mots. Peu importe la couleur et peu importe les âges. Le désir est tyrannique et le sexe est petit face à tout le reste. le reste qu'est-ce que c'est. Ton mal de crâne qui fait défaut au reste. la fumée dans ton corps comme un préservatif de tendresse, des mains qui te croisent et ne te connaissent pas, des ordres perdus, des peurs malfaisantes, peur de la lumière. Douceur de celui qui te donnera envie de l'affronter. La lumière criante de vérité qui te crie ta connerie, qui te crie la bêtise des hommes et la bêtise de ce dictionnaire qui te chante le désir comme sultan des heures qui longent ta vie, ton corps. Tout ces mouvements ne sont là que pour palier ce manque universel d'amour. Les mains se tendent et te frôlent mais ne viendront jamais compléter ton corps comme tu le sais si bien. Comme c'est simple et pas joli, non, pas joli. Le désir que tu suscite . Ces pauvres hommes bien trop rangés. Connerie. Tes rêves. Tu sais que ça ressemblera un jour à une heure paisible dans un jardin printanier ou le vent secret te soufflera la plénitude. Tu sais que nous ne sommes plus dupes. de rien. Tu sais que les corps ont une vie à part entière. Même si on entend beaucoup de connerie à ce sujet. les sexes déjà ont une vie indépendante du corps et les corps, majestueux objet froissables à souhaits. Eux ce sont des goélands. Nous c'est autrechose. Tu fut et sera un Nous après tant d'eux. La conjugaison fonctionne mal à des heures tardives. Seules les chairs sont agrégées et le reste. Qu'est-ce que cela signifie le reste. Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Certaines choses transpirent derrière les apparences de jeunes fille dérangée du sixième arrondissement aux yeux de braise. Comme les vieilles bâtisses enveloppées d'allure et qui noircissent à l'intérieur, dans les recoins, dans le coeur. Mais le vent frais vient toujours débroussailler tout ça. S'exposer au vent frais. Attendre qu'on vienne te chercher. Tu ne couleras pas. Plus. Plus peur. Tes yeux se ferment sur ces images macérées. Tu dors déjà à l'intérieur. la nuit c’est plus facile de se faire croire les choses de la vie. Le parfum qui t'offense. tu as bien fait de le virer de suite. Parce que c'est inutile de faire des ritournelles. les chairs se servent et ne se digèrent pas. Pas de mielleuse mascarade. Vomir. Tu n'as pas besoin de te trouver des ordonnances consciencieuses. Tu as gravit les marches de la connerie ambiante. Le reste. Qu 'est-ce que c'est le reste? Tu te fatigue. Tu ne devrais pas. Tu as besoin d'une main tendue, des yeux silencieux d'un ami compréhensif. Un ami qui vous veut du bien. Quelque chose qui se passe lorsque le silence est d'or et que celui ci est rempli de bonté. Lorsque les rescapés se réjouissent , un instant avant de comprendre trop de choses. ta fatigue use tes mots tu as un espoir enfoui. Tu résiste. Tu ne sais plus pourquoi. Tu plonges. Maintenant. Demain. Peut-être. tu sais trop de choses pour t'empêcher de rester ivre.

Il pleut dehors

15.10.2006

qui a laissé trainer Bridget par ici?

Je suis du genre à ne pas répondre à un joli garçon à vélo qui me lance un bonjour, puis à me retrouver errante dans le rues du quartier en vue de répéter le hasard qui me l'a mis sur ma route pour réparer mon incapacité à gérér la spontanéité. Mais je suis aussi capable de faire des trucs incroyables qu'aucune autre jeune femme de mon entourage oserait envisager. Je suis de celles qui n'ont pas peur d'une vodka sec à 19h un dimanche soir seule en face de Claire Chazal.De ces folles qui aiment tutoyer le désespoir qui sommeille en elles. Du genre à voir un film six fois dans la même semaine afin de répéter cette douce ou amère sensation qu'il aura provoqué en moi. Du genre qui n'a pas peur de grand choses et qui est effrayée de tout. Du genre à être soul un dimanche soir à 21H devant un vieux film en noir et blanc. La Dame sans Camélias en fond sonore, je descend les niveaux de la bouteille de vodka jusqu' à ne plus m'appercevoir que mes yeux me piquent. Du genre désespére de ne pas savoir faire aller droit un truc qui devrait rouler.  Du genre à rire très fort puis à pleurer tout doucement, parfois le contraire. Du genre à tout foutre en l' air pour une peur mal placée.                                                                                                                                          A cheval sur mes peurs tu t'agites et j'aime ton rire.                                                                                                    Tu prends doucement mon bras alors que je souhaiterais que tu tires très fort. faurdait qu'il comprenne aussi que je ne suis pas une sainte. J'aime tout ce qui est au bord du fracas. c'est con. C'est comme ça.

Du genre à pleurnicher devant mon verre de vodka glace un dimanche froid et soir rêvant d'un prince charmant légèrement décoiffé qui me sauverait de cette bouteille. Non je ne suis pas alcoolique. J'a envie de faire l'amour encore.C'est la première fois.Tu ris. Arrête de rire. Pourquoi tu veux m'aimer, hein? J'aime greys anatomy, et puis patrick bruel, et puis aussi enrico macias, j' ai envie de pleurer lorsque je vois Guy Marchand tirer tout seul son sapin de noel dans Dans Paris,pas du tout du genre à être aimée, n' est-ce pas? Du genre à avoir des fantasmes compliqués enfin non, du genre à être assez au courant de ce qui me fait vibrer. Du genre très jalouse aussi, très chiante, très silencieuse parfois ou trop bavarde. Un peu trop extrême en fait.

10.10.2006

la couleur du taxi new yorkais

Les taxis de New York sont de bien triviaux compagnons. Ils accourent et fuient aussitôt. A la moindre hésitation feinte ou réelle, ils abandonnent et se ruent sur le prochain oiseau de passage.
Je suis un oiseau de nuit.La nuit je ne sais que trop bien les douceurs des exils.Je butte et tombe sur des ideaux plus que parfaits. Ce sont les mots de Truman Capote qui résonnent alors..Le malheur émane de nos prières exaucées, est-ce vrai? Ton rire est doux comme cette paupière plissée. J'aime. Si j'avais mon âge indéfiniement je m' ennuierais beaucoup. Mes semblables sont fatigués de courir après du vent. Je les envie. Mon coeur est gros et lourd comme un sac de linge trempé. Je ne trouve d'accalmie que dans le combat guerrier du coeur.Je ne peux pas concevoir que le coeur puisse se reposer. Je pense à Marlon Brando dans le Tramway. La passion des corps est la seule qui soit encore palpable sans compromis. Je hais les compromis. Je ne saurais me donner à demi. Lorsque je m'offre, je le fais entièrement. Ca étonne.Ma pudeur est une étrange maitresse. Elle me désarme au moment où je m'y attend le moins. Dans un café en plein vent ou devant les yeux gris d'un homme qui me plait. Il ya toujours du blanc dans les sourires, une sorte de couleur neutre qui gravit les échelons du visage de quelqu'un conditionné pour plaire, de toutes façons. Mais ce blanc n'existe plus autre part ailleurs. Il y a peu de franchise, chaque discours est un compromis visant à atténuer l'effet du précédant, ne pas trop se mouiller, rester frileux. Même le jaune de ces taxis est trop franc pas assez réel. Il n'y a guère que les chauffeurs new-yorkais qui osent encore cette couleur-là. La mode est au gris, au noir, des véhicules sombres pour une vie d'ombres.Basquiat osait les couleurs brusques, Chagall vivait son rêve en flottant dans des ciels aux teintes éblouissantes...Et nous , nous gâchons tant nos vies dans de sombres émotions, de fades engagements...

08.10.2006

Pas de hasards rien que des rendez-vous

Pas de coincidences... Aller vers son destin l'amour au creux des mains, la démarche paisible. Porter au fond de soi l'émotion qui flamboie, l'aventure aller pure, celle qui nous révèle superbe et enfantin au plus profond de l'âme...

En tournant les pages du journal des sorties du mois, c' est ainsi que tout tourne en rond. une page s'échappe de mes doigts pressés, l'affiche d'un film avec un nom au bas mais pourtant très visible. Un nom qui dessine des souvenirs compressés dans ma mémoire vive. Etrange sensation que tu as réussi quelque chose, réminiscence d'un temps ou je t' en aurais voulu d'y être , sur ce papier brillant, où je t'aurais même peut-être gaché ta joie.Mais aujourd'hui, ce soir, je feuillètes ce journal et je suis fière de toi. Je revois des images et des douleurs qui me comprimaient l'esprit. je n' aurais pas compris et pas acquiéssé ce rôle là car il aurait réveillé trop de choses.... Est-ce cela ne plus aimer? Tu me pleures dessus, des larmes chaudes, tu t'es perdu? Non tu avance ne te soucis de rien nous avançons tous; tu t'étonnes de me voir là , avec ces gens, ça ne me ressemble pas , n'est-ce pas? Tu as raison. Tu voudrais que je te raconte. Quoi donc? tu as toujours cru en mes rêves toi? Mes mots t'arrachaient la gorge parfois. Toi la seule lettre que tu m'as écrite m'arracaha des larmes. Tout est passé et le passé est roi, il réécrit à sa sauce. Te raconter quoi? ces homems qui se succédaient sans jamais te valoir. ces mois à te chercher au détour d'un couloir. Puis le temps malicieux qui te laissa derrière peu à peu. Les garçons qui pouvait compter mais qui passaient leur tour, ceux qui ressemblais à un rêve mais n'étaient qu'un mauvais trip, ceux qui m'ont appris le corps et reste, ma liberté sans limites, mes escapades dans des domaines défendus et perdus. Aujourd'hui je rêve beaucoup en sommes mais ma lucidité me sculpte. Je lutte contre mes démons. Et lorsqu'on me demande s'il y a quelqu'un , je répond: presque personne. Mon coeur bat pour une garçon avec qui je ne devine pas la forme des prochaines semaines. Quand il m'appelle je bats de l'aile et quand il part il me désempare. Mais la vie avance et je n'ai pas le temps quand j'y pense... Je ris de la bêtise de ces heures noires passées dans des bras inélégants, j'espère encore, lorsque je suis dans les bras du garçon aux boucles folles et aux yeux gris.Il y a l'autre, celui en qui je crus, je crois ou je croirai. Je ne sais comment le conjuguer tant il apparait dans ma vie à des fréquences étranges. Il a les contours du frère dont je te rabachais les oreilles, le frère jumeaux que je n' ai pas eu, l'ami fidèle ou l'amant siamois. Mais il est fuyant et en même temps se perd dans des mensonges qui me reviennent malgré moi droit au but. Il a devant lui une jeune femme prete à l'aimer, à l'apprécier, tel qu'il est , sans mensonges ni idioties, et il continue de faire de la résistance avec ses explications tortueuses. Je ne sais pas m'engager légèrement en amitié comme en amour , tu le sais. Je ne saurais aimer un ami ou un amant s'il y a des barrières encombrantes entre lui et lui. Heureusement qu'il ya encore les mots lorsque l'incompréhension fait piétiner les actes.Rire et lire .... pour ne pas s'enfuir. Et lorsque je lis ton nom sur ce journal j' ai comme le sentiment que la vie tricote de jolies choses. L'écrivain que j'interviewais l'autre soir me le disais si justement. il a tellement lutté pour publier son premier roman que rien n' est impossible. Il faut se battre toujours et rever encore. Si mes mots ne vivaient plus je sombrerais à coups surs. Mais je sais qu'il faut ordonner les choses pour accoucher du plus efficace. Même si je déteste ce mot. Je serai au rendez-vous si je le fixe correctement.

06.10.2006

le projectionniste

Regard fatigué. Plantées dans le vide, ces deux billes rondes qui me montrent mon chemin et ses détours viennent de quitter la terre ferme. Soudain la rue de Ponthieu n' est plus un brouhaha monstrueux de commerçants impolis et de voitures en double files. Une pellicule sensuelle défile devant moi, des réminiscences de jeux nocturnes, quelques rires étouffés, tout remonte manquerait plus que la bande sonore. La version trash de cette chanson de Gainsbourg où les cris feminins confinent à la torture.Peut- être que Je t'aime moi non plus collerait aussi bien. Des caresses et des batailles défilent à mon issue. Mes cheveux dégringolent en cascade sur les draps encore froissés. Little trip. Destination: la planète érotica.Mais le projectionniste est dejà loin, lui qui sait si bien partir...

01.10.2006

désamour, prose ac et autres contrarietés

Briser des illusions, revêtir son doux masque, répéter ses faits et gestes comme on agirait avant une Première décisive, activer la machine à sourire. Tout qui craquèle, le bruit qui se fait plus sourd, mode automatique, pilotage forcené, bachotage désaxé. Une goutte de plus, arracher un ou trois cachets, sourire devant son image lugubre dans le miroir, saboter tout ça d'un coup de mascara trop gras,ressembler à une poupée qui fait non, non, non non, non.Non au désespoir qui pointe constamment son nez, non à cette pente douce et sournoise, non à la solitude de l'âme engloutie sous des écrits pertubants. Quelques pillules, deux trois liquides, être ébloui par la lumière trop criarde qui se reflètent sur leurs sourires trop grands.Envie d'hurler à la gueule de leur égoisme et de leur suffisance. Ne plus feindre la quiétude mâtinée d'une gentillesse mielleuse. Mais non, continuer encore de simuler l'orgasme lorsque le dj choisis un morceau de merde sensé réveiller les foules, répondre à quelques sourires, avaler des gorgées toujours plus irritantes, sentir cette douleur brulante continuer de morceller ma main droite...

Mon portable semble s'exciter un peu. Un texto. C'est Mika. Il est à Paris, ils sont montés avec son équipe pour un match, je ne savais pas, je n' ai même plus le temps de lire les journaux. A l'autre bout de Paris, je le crois loin et me sens impuissante. Mais le voilà dejà au Pousse au crime. Là c' est trop près de chez moi, tu me pousses au crime. Sur le chemin je m'arrête, poussée par cette envie de revoir sa face d'ange déformé par des mêlées inexplicables. Ils ont perdu et veulent oublier cette défaite dans la fête. Je me gare au bout de la rue Princesse- mémorable. Il arrive, m'enveloppe de ses bras et tel une limace me capture immédiatement la bouche. Trop de politesse. Un mouvement de recul, instinct de protection ou simple jeu de fièreté inutile. Il est beau. Très beau. Mais je n' ai jamais pu envisager sérieusement de devoir attendre deux h de TGv pour construire une histoire. La distance fait de la resistance. Quelques pas dans les pas de cet ange et je rentre me coucher, seule, épuisée, la gorge en feu de trop de fumée inutile, le corps abattu et le sexe insomniaque. Sans regrets pour une fois, car la nuit noire éteint les lueurs qui aurait déroulé des pelicules de rêves. Toujours une pensée pour LUI, celui qui sait si bien partir, l'amour en fuite, lui que j'aimerais plus présent sans oser dire, lui dont j'ai encore envie de toucher la peau et sa douceur laiteuse, qui a fait irruption une nuit imprévue où je n' attendais personne.

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