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26.11.2006
Du rouge sur mes peines
Je mets du rouge sur mes lèvres quand je suis triste. Mes talons plaquent au sol mes doutes et mes angoisses lorsque j' avance dans la nuit grise. Tu me demandes pourquoi. Comment te répondre lorsque je sais que ta question est ailleurs, bien loin. Sur tes lèvres fermées flotte un air de regret, étrange,parce qu'il ne te va pas. De déchirures en déchirures, de nuits en jours spasmodiques, de peines sombres en rires exagérés, j'ai avancé pour m'éloigner. La seule évidence: tu étais parti en emportant quelque chose avec toi, de l'ordre de l'équilibre. Fallait faire avec et sans.
Je mets du rouge sur mes lèvres quand j'ai de la peine, du bleu sur mes yeux quand il pleut, des talons pour avoir l'air femme,de la vodka dans mon coeur quand il est sec. Juste pour humidifier mes pupilles. C'était des débris de souffles épuisés, des odeurs de jours trop vite levés sur des nuits inélégantes, des ciels noirs interminables à la bande son épuisée. Je mets du rouge sur mes lèvres pour plaire à ce garçon, du bleu dans mon regard pour afficher la douceur nécéssaire, des talons pour titiller sa jalousie. Je n'ai pas retrouvé mes larmes, je pleure à sec mais c'est tentant, tout de même, de se laisser aller à cambrer ses propres armures, de se laisser déshabiller l'esprit peu à peu. C'est grisant et atroce de se sentir au bord de la prise de risques.
Puis il y a cet aveu, tardif, dans la pénombre. Tu voulais savoir, même trop tard. Pourquoi. Cette question qui débordais de ta bouche. Tu ne pouvais pas croire à ces érrances. J'étais douce, tendre, sensuelle, délurée, pourquoi aurais je été froisser les odeurs de ton rêve coloré, dégrader les images consensuelles que tu plaquais sur moi? Des hommes qui n'avaient rien à offrir que de souiller une histoire. Conjuguer furieusement ces questions après la bataille. Et maintenant c' est drôle. Il y a le doute, la fragilité, les armures qui fondent, l'attendrissement, toutes ces choses qui avaient déserté mon corps et qui prennent la forme d'un garçon à la peau douce et aux cheveux aussi désordonnés que les actes.
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21.11.2006
je m'apelle chérie
"Je m'apelle Chérie", m'a-t-elle murmuré au creux des yeux. Je n'oublierai jamais ce regard enfoncé au fond de moi. Chérie était belle comme une déesse, un personnage de disney, un premier rôle dans Aladin. Armée de cette jupette cliquante et de ce bustier orientale, les castagnettes accrochée à la hanche, les lèvres emprisonnées dans un rouge sanglant, les yeux emmitoufflés dans une couche de charbon, Chérie donnait de la poudre folklorique aux yeux de touristes, à des regards de passage. Lorsqu'elle s'est éloignée pour assouvir le désir d'un patron au ventre arrondi par les années, j'entendais une voix forte sanctionner ma belle: " Chérie vient danser".
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20.11.2006
cherie
C'est ton oeil glacé que je cherchais dans le miroir. Des traits fatigués, usés de ces trottoirs enfumés où tu passes ta vie. Dégueuler toute la misère du monde entre deux verres de trop et descendre sans but les marches interminables du bout du monde. Trop bruyant ici, trop sombre entre deux éclairages criards, trop puantes tes rues, qu'est-ce que tu fous ici chérie. Je t'ai vues tout à l'heure danser entre les tables du restaurant, faire bander deux trois poivrots et récolter quelques billets doux au toucher acides dans le partage, j'imagine. Tu as frôlé délicatement leur sexe, chatouillé leurs fantasmes d'un coup de déhanché magique et j'en suis même venue à envier ce pouvoir de faire dresser les moins alertes, déboutonnant trois boutons de leur chemise transpirante et déroulant tes seins sur leur torses velu sur un air de musique tzigane. J'ai eu envie de toi tout de suite. Maintenant te voilà en face de ce miroir et moi qui t'observes derrière, tu souris mais est-ce que cela signifie que tu ouvres les bras ou es-tu encore dans le folklore. Tu rajustes ton rouge à lèvres. Je trouve ça tentant oui, de passer devant toi comme tu me le demandes avec tes yeux charbons. Nous voilà là plantées devant nous-même, reflet inquiétant de deux mondes éloignés, ta main habile frôle mes cheveux aussi noirs que les tiens. Ton rouge s'imprime sur mon cou. Tu veux que je te raconte ma vie alors que c' est la tienne que je rêve de savoir. J'aimerais entendre tes rêves, tes espoirs, tes plus profondes craintes, celles que je n'imagine même pas et que tu me dises pourquoi tout ça? Est-ce que ta beauté ne te suffit pas , ici, à te sortir de ce trou? Mais maintenant je le sens bien que tu t'énerves et que tu t'impatientes, et je ne veux pas perdre ce contact alors je veux bien , oui, avec quelques mots d'anglais, m'exécuter et te raconter cette vie dont certainement tu rêves un peu le soir dans ton lit. Une vie de fille avec ses doutes, ses peines, ses fantasmes, ses rêves, ses trouilles et tu vois, on n' est pas si éloignées. Il y a toujours un homme ou deux dans ces histoires, c'est normal, un homme qui occupe la tête avant de l'encombrer. Un homme à qui l'on envoie des sms mielleux ou durs comme celui-ci qui répond sur ton portable. A voir ta tête, il va bientôt glisser dans le clan des périmés jusqu' à qu'un autre arrive et peut-être vienne te sortir de cette vie brouillonne. Un homme qui te fera visiter une autre vie, qui sait? A qui tu enverras d'autres sms doux dingues, n'est ce pas à cela que servent les femmes finalement? Disséminer des sms doux dans la vie des hommes? Mais dejà tu te rattrapes, tu n'aimes pas t'abandonner ma belle, et ton masque de joie se redessine. Je suis perdue entre ces apparences et ta vérité. Est-ce que ta main qui écarte mes jambes dans ces toilettes noires fait partie de ta mascarade pour me mendier quelques euros car tu aurais sentis en moi le fantasme? ou bien est-ce que tu vis un moment d'abandon?
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06.11.2006
Moteur
Cela fait une poignée de temps maintenant que les sommeils se succèdent sans calme. Tumultueuses heures où les fantômes du passé et d'un futur annulé par avance se bousculent sur l'écran noir de mes nuits blanches.
J'émmerge d'un chaos fouilli et brouillon, une nuit de laquelle je sors les paupières gonflées de rêves épuisants. Des saynètes obscures aux personnages familiers, mal vieillis ou étonnament bavards. Des plan séquences où je me vois aller chercher des coups de foudres insensés sur des étalages trop clinquants. Une dose de rêve mâtinée de cauchemars ridicules et un réveil de droguée. Des minutes , des demi-heures se succédant, passée à se pivoter inéluctablement de gauche à droite cherchant sous les oreillers bien trop nombreux des bras rassurants. Des pensées se cognent à des murs trop épais et des sons trop brusques. Des rêves se décalent. Du cinéma de comptoir, rien de bien exaltant, quelques frissons dont on ne saurait dire au final s'ils émanent d'une erreur de casting ou d'un problème de dosage au moment d'éteindre la lumière. Certains soirs, ces larmes qui jaillissent lorsque tout est trop noir, et que les pupilles sont trop ouvertes. Sur un avenir perplexe lui-même.
01.11.2006
"Quelle nuit sommes nous"
« Donne à qui sait lire ton âme, fuis qui la déchire, car tu n’as pas le temps. » Quelle nuit sommes nous,Hafid Aggoune.Editions Farrago,2005
Au-delà de tous vos conseils et de toutes vos caressses, au-delà de tous les frissons de ma joue, voilà la seule vérité.
La vodka qui coule à petits flots sur ton corps me brûle la lèvre.Ca rend ta peau très douce. Lorsque tu prends soin de mes reins, j'aime ces ailes qui te poussent. Des airs d'ange qui fatiguent mes démons. OU bien est-ce le contraire?
J'aimerais que les choses soient simples, équation banale, sensation pure, aussi pure que cette vodka, résolution facile, un et un font trois...
23:45 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note




