17.01.2007
MORT DE MARC VILROUGE
Comment en parler autrement qu'avec ces mots solennels et brutaux? J'ai lu LE LIVRE IMPOSSIBLE quelqus jours avant noel. Le hasard m'as mis sur la route de ce livre et j' ai mis plusieurs jours à m'en relever. Il evoquait avec une telle force les problématiques de l'ecrivain, personnage destructeur et auto-destructeur. Je me suis empressée de faire un mail à l'auteur pour lui dire tout le bien que je pensais de son Livre Impossible....... à oublier. Nous avons échangés quelques mails agréables où il m'a dit la peur qu'il avait face à la sortie de ce livre particulier. Je tentais de la rassurer en quelques lignes mais il est difficile de parler de ce que l'on ressent et ça l'est tout autant vis à vis de ce qu'on a ressenti pour un livre. Un soir de décembre, je lui ai posté mon dernier mail en lui parlant de la revue que je monte avec Antoine, En attendant l'or. J'aurais adoré qu'il nous offre une nouvelle. Je me suis étonnée alors de ne pas avoir de réponse. On m'a prévenu hier que Marc Vilrouge était décédé après un long coma qui datait du 28 décembre. Je sais désormais qu'un de mes mails ne sera jamais lu et resté dans une boite hotmail pour toujours. La vie est étrange. Marc Vilrouge était de ces écrivains perchés comme on dit, sur un fil entre mystère et trouble. Il écrivait la brutalité de la vie, le hors champ de la couleur rose qu'on veut nous infliger. Le Livre Impossible posait la question ultime que se pose tout ecrivain : Qu'est-ce qui est le plus important, la littérature ou la vie? Ce livre m'a mis une claque. Sa mort m'a achevée. Je voudrais vous donner envie de lire son dernier livre...... je ne trouve pas les mots... Pour lapremière fois je vous dirai d'aller lire mon article sur www.zone-litteraire.com. http://www.zone-litteraire.com/actu.php?art_id=1185
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Commentaires
Un mail qui s'est perdu, qui n,e trouvera jamais les yeux de son destinataire. Comme tombé dans le vide de l'absence. Comme une pensée interrompue. Comme un baiser sans lèvres.
je vais lire ton article et je pense à ta peine.
Écrit par : Benoît, membre de la FAPM | 17.01.2007
J'ai lu ton article. J'achèterai le livre.
Prends soin de toi.
Écrit par : Benoît, membre de la FAPM | 17.01.2007
J'ai presque terminé la lecture de "Reproduction non aurtorisée", livre prêté par une connaissance furtive qui lui même était une connaissance de Marc Vilrouge. C'est un drôle d'instant de lire un livre et d'apprendre que son auteur s'en est allé. Je vais finir ma lecture curieusement. J'acheterai LE LIVRE IMPOSSIBLE. Je me permets de partager ta peine.
Écrit par : Benoît | 17.01.2007
Pour marquer un souvenir intense et sensible? Curieusement, vous avez laissé un commentaire sur mon blog au moment ou je finissai moi même un post sur Marc Vilrouge. Je me suis permi des liens vers vos écrits.
Écrit par : Benoît | 17.01.2007
La mort d'un être humain est toujours triste (oui, même celle des pires salauds). Quand c'est quelqu'un qu'on connaît, avec qui on avait des échanges et des centres d'intérêts communs, de l'estime, c'est comme la perte d'un proche, c'est encore pire. Mon grand-père est décédé quelques jours avant la date où j'avais prévu de le revoir. J'ai mis pas mal de temps à surmonter ce dernier rendez-vous manqué.
Promis chère voisine, quand j'aurai trouvé mon prochain boulot, je lirai du Vilrouge.
Courage, la vie continue!
Écrit par : chrisos | 18.01.2007
Je suis allé visiter le site de Marc Vilrouge après avoir lu cette note et le force de son écriture m'a beaucoup touché : on dirait qu'il écrit sur le fil du rasoir.
Je vais probablement acheter Le Livre Impossible.
Et courage ...
Écrit par : Kinishao | 23.01.2007
j'ai lu ( plusieurs fois) "Le Livre impossible"..Le titre était prémonitoire: c'était le livre, ou lui...Ça me rappelle Annie Ernaux, "j'écris comme si je devais mourir demain...". J'ai connu cet auteur début janvier je ne sais plus comment...je viens de commander un autre de ses livres.
Écrit par : marie pierre François | 18.02.2007
J'ai passé toute une nuit à discuter avec Marc Vilrouge, il y a deux ans de cela. D'emblée nous nous sommes adoptés. Peut-être parce que nous faisons le même "métier". Sans doutes aussi parce qu'il ne ressemblait pas aux autres. Son décès m'effonfre autant qu'il le soulage, mais il ne me surprend pas.
Écrit par : emmanuel B. | 21.03.2007
tout à fait d'accord avec ces propos touchants... je ne sais qui vous êtes mais nous partageons ce sentiment.
Écrit par : O' | 21.03.2007
"Une fois que l’esprit a assigné sa place à la mort, il guérit, en un sens supérieur de ce terme : il reconnaît en sa vie un chemin qui reçoit tout son sens. C’est dans l’univers, non dans l’individu, qu’elle a son domaine. Là, la mort est sa servante, et non sa souveraine." Ernst Junger
Bien à Vous...
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Écrit par : Nebo | 24.03.2007
Mon frère (VILROUGE) est tombé dans la rue à deux pas de chez lui suite à une overdose le 28 décembre 2006.
Il est resté plusieurs minutes au sol dans une rue passante avant que quelqu'un finisse par comprendre que ce n'était pas normal.Son coeur a été réanimé en 91 s mais son cerveau était déjà détruit puis il est resté dans un coma profond avant de s'éteindre le 15 janvier 2007.
A écrit courant 2006 :
Comment survivre au Rmi sinon en s'anesthésiant. Face à la mort sociale, on peut tuer, soit se suicider. Moi j'ai décidé de me coucher. Ah bien sûr, je ne suis pas un rmiste lamba, mes parents m'aident à hauteur de 800 euros pour m'en sortir. Sans eux je serais à la rue parce qu'avec un rmi à 375 euros par mois rmémiste, c'est invivable.
Parents je vous aime.
Au début, je n'ai pas réalisé ce que c'était que de plus avoir d'activité. Je pense que la plupart des gens regardent la télé à longueur de journée et de nuit. Ils attendent. Ils attendent la mort. Moi, je n'en peu plus des ondes cathodiques, seule la musique encore me fait résonner. Mais la musique et moi c'est une vieille histoire. Respect.
Au début, je lisait encore Libération et la Parisien au bistrot du quartier, mais même ça c'est devenu une vrai corvée. Non le problème pour moi est la lassitude, et l'incompréhension. Les choses n'auraient pas du se passer comme ça, j'ai fait des études, hypokagne, La Sorbonne et j'ai travaillé dix ans comme intello précaire dans la presse et l'édition sans l'ombre d'un problème d'un sous Et Dieu sais que je me suis battu. Pour quoi ? Rien. RMIste a 34 ans et le directeur de Lettre Sup en 1989 qui disait que nous étions la future élite de notre Nation. Pompeux, prétentieux, mais nous on y croyait à ces rêves de réussite, on avait la gagne dans les années 80, ne l'oublions pas.
Place des Grands Hommes, je n'ai revu personne. Je n'y ai vu que des petits hommes qui luttent contre les vents, les feuilles mortes, les petites pensées.
Moi, je crois qu'ils y sont allés trop fort avec moi dès l'enfance : très vite j'ai voulu devenir écrivain, mon rêve s'est réalisé certes mais avec l'amertume de la mévente. J'aurai voulu écrire un best-seller, un Anna Gavalda, un Houlleberg, bref sortir de l'anomymat comme on m'en avait donné le rêve.
Pour mes parents, la vie n'était pas plus simple mais il n'avait pas les mêmes ambitions. S'il n'avait eu l'ascenseur social, ma mère garderait des chèvres et mon père se serait peut-etre suicidé à la mort de sa mère. Et ils ont trimé, mes parents et ils ont réussi leurs rêves : être propriétaire, faire une famille aimante. Bref tout ces rêves sont à mille lieux des miens. Pardon papa, pardon papa, on nous a peut être donné accès à trop de phylosophie, de psychiatrie. Parfois je rêve de trouver le miroir de l'alouette pour leurrer mes rêves.
Écrit par : son frère | 29.03.2007
je suis effondré; j'ai appris brutalement lors d'une fête familiale de mes 40 ans, le we dernier, la mort de Jean Marc.
nous nous sommes rencontrés il y a 10 ans presque jour pour jour; c'était un long wend glauque de Pâques; le lundi de Pâques est morbide à Paris; tout le monde est un peu paumés; nous l'étions
ce fut une histoire compliquée entre nous, intense, enrichissante; je lui dois beaucoup
depuis 4 années nous ne communiquions que par téléphone, puis par sms puis par email, puis pas du tout
un email fébrile cet été, il avait décidé de redescendre dans le sud, une mauvaise nouvelle, puis une bonne nouvelle, tout redémarrait pour lui; son angoisse alors: sa page blanche.... ça l'a inspiré!
un email encore plus fébrile courant décembre; je 'nai pas su l'interprêté. on devait se revoir......fin mars de cette année.
je passe en boucle les discussions sans fin que nous avons eu il y a qques années sur l'ésotérisme, les symboles, les forces, les énergies, les planètes
je revois les exercices de respiration yoguiques à nos quelques cours hebdomadaires de Yoga; il aimait beaucoup, se sentait bien après une séances
je revois notre échappée dans ma Corsa à veules les roses, une autre fois à Vézelay pour sentir les ondes telluriques. on y croyait dur comme fer comme deux adolescents qui découvraient le monde; je revois nos virées sur les routes désertiques du Morvan et ses forêts inquiétantes de sapins tout droit sortis de nos contes d'enfance
et puis je revois cette fascination commune pour le végétal, la puissance végétale, ses énergies; je revois notre engouements "d'adolescents" trentenaires pour les huiles essentielles, pour les tisanes purifiantes; il ne parlait pas encore de sa merde de cannabis à l'époque......
et puis je revois son appartement rue vivienne, très important, au-dessus d'une banque je crois.
et puis je revois cette semaine paisible à Belle-île, je revois la 4L pourrie que des amis à lui nous avait prêtés; je nous revois à Belle-Ile au deuxième tour des élections présidentielles Lepen-Chirac
et puis je ré-entends ces CD qu'il écoutait secrètement en boucle au casque....il faisait ses abdominos sur ses rythmes qui lui donnaient la pêche
et puis je ré-écoute Jean-Marc imiter avec beaucoup d'affection sa mémé qui roule les R. Il avait bcp d'affection pour sa Mémé; d'aller là-bas le rassurait. Il était angoissé parfois car à l'époque le teléphone portable n'y passait pas...
et puis je revois notre trip en Savoie à Peysey avec ma maman, ma petite soeur, notre longue randonnée (Jean-Marc est rentré cramé de chez cramé par le soleil). C'était le week-end du 14juillet 1998. Nous n'y avions pas de TV, mais ma ptite soeur avait vu en rêve (prémonitoire) le score France-Brésil (JM avait été très impressionné!!!)
et puis, ça fait trop d'un coup de perdre tout ça, on avait décidé d'acquérir de l'expérience, d'emmagasiner de l'énergie pour mieux échanger sur nos histoires, de se revoir fin mars......
moi je voulais changer de vie professionnelle, démissioner du privé, passer des concours administratifs; lui a voulu démissioner de Télérama, pour être libre d'écrire
on s'est progressivement éloignés mais pensions très fort l'un à l'autre
je culpabilise beaucoup, je n'ai pas su être présent quand il aurait fallu; en décembre je lui ai écrit que j'étais en pleine révision pour un oral de concours.
tu es où Jean Marc? on a imaginé des 10aines de trames farfelus de romans entre deux bières, mais on n'a jamais envisagé celui-là.
quand on s'est rencontrés, il y a 10 ans, tu me disais, et je ne comprenais pas, que mes sentiments étaient comme gelés..... depuis dimanche dernier le permafrost n'est plus; Tu me fais chialer.
Tu me manques, envoie un ptit bonjour STP, je sais que tu comprendras
François
Écrit par : francois | 30.03.2007
merci de vos passages, que dire de plus? j'aimerais rencontrer ce frère un jour et ce François aussi.
Écrit par : O' | 30.03.2007
j'aimerais rencontrer les gens, personnes, amis, copains, connaissances qui ont fréquenté, entouré JM ou bien simplement été en contact avec lui.
c'est important pour moi; qques questions à poser
merci de votre compréhension
francois75020@hotmail.fr
Écrit par : francois | 30.03.2007
J'ai lu "le livre impossible" il y a quelques temps, et comme toi, j'ai mis du temps à m'en remettre. l'écriture était tellement vraie, mais brutale.
j'ai écrit ici une chronique sur cet ouvrage, que je vous invite aussi à lire
http://lireplus.mabulle.com/index.php/2007/06/03/66512-marc-vilrouge-le-livre-impossible
bien à vous
Écrit par : lireplus | 21.04.2008
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