10.12.2009
la vie, le reste
Puisqu'on doit écrire.
Il y a la vie et le reste. Dans ta vie, je suis le reste. Tu ne comprends pas tout. Normal. Ceci est un dialogue de Desplechin. Aussi torturé. Le reste c'est le péché, la douceur acide du noyau d'une nectarine, l'odeur de l'essence, la cigarette de trop, la ligne de coke lorsque tu es enrhumé, la nuit blanche lorsqu'on te croit en train de bosser, l'interdit casse bonbon mais dont on a du mal à se séparer. La proie qui t'irrite quand tu imagines son corps dans d'autres draps. Je rentre tard et me blottis sous les gouttelettes brûlantes de la douche. J'y ai été en converses rouges. J'ai toujours envie de faire sortir la tristesse de mon corps par tous les pores. Olivier est un porc.Fuck.Des souvenirs alcoolisés de la soirée de la veille me reviennent. Les hommes n'épousent jamais celles à qui ils mettent un doigt dans le cul, a dit Emma. Ça doit être ça. C'est triste. Être une épouse joyeuse mais boudée du plaisir.Une maman ou une putain. J'ai été à son enterrement en converses rouges. Ça ne m'aurait jamais traversé la tête si je n'avais pas tout cet alcool dans le sang. Parmi les gens bien sages au sourire fermé pour cause de décès, j'ai affiché une dentition impeccable. Je ne connaissais pas l'écrivain mais je pensais qu'il méritait mieux que ces têtes de morts pour honorer la sienne, de mort. Ses écrits étaient déglingués, speeds et médicamentés mais ils n'avaient rien à voir avec tout ce bardas de bonnes intentions. Leurs regards m'ont fait trébucher. J'ai aimé me surprendre à être l'intrus d'une scène quasi théâtrale. Le père, le saint esprit, et toutes leurs conneries... Lui, il a tué son père dans son dernier roman et son esprit, tout comme son corps, était tout sauf sain. Fallait absolument penser à quelque chose de triste. Très triste, la mort de mes grand-parents ou de mes parents. Trop classique. M'arrache trop de larmes en temps normal. Il me fallait du paranormal. Un truc plus enfoui dans mon coeur. J'ai pas mis trois minutes à trouver. J'ai pensé à ta mort. A toi. Vite dévié vers la douleur insurmontable de penser que je ne serais plus jamais emboîtée dans ton corps et que je ne serais jamais dans « ta vie » mais toujours dans le reste. Ça m'a ôté ce sourire idiot que tu connais et que tu sais même reconnaître à trois kilomètres. Une douleur vive qui stagne depuis plusieurs mois. Un soir j'ai rencontré ta tête dans un hall d'entrée et elle m' a pas quittée.Le reste tu le connais. Moi j'ai pas tout capté. T'avais qu'à claquer des doigts. J'aurais vendu père et mère pour pouvoir me réveiller tous les jours en pensant à toi sans me dire que c'est mal. Alors je suis rentrée bien facilement dans l'atmosphère morbide qui flottait dans l'air en repensant à comment j'étais accro à ton corps, à la douceur de tes hanches, à l'odeur parfois limite de tes cheveux, à la forme de ton nez et au goût de ton sexe. C'est sur ton sexe que ça s'est terminé. Ils ont annoncé que la cérémonie se terminait et Claire est venue vers moi pour me demander de façon détournée ce que je pouvais bien foutre ici et dans cette tenue. Je suis la dernière personne à avoir échangé des mails avec Marc et je voulais venir au rendez-vous que nous n'aurions jamais. J'ai pensé qu'en temps normal je me serais rendue dans le café qu'il m'aurait indiqué avec ces chaussures-ci. Elle a baissé les yeux comme on se lamente des petits enfants qui nous donnent du mouron. Et elle m'a laissé où j'en étais. Assise sur la pierre tombale d'à côté : O. fuyard, 1897-1938. Avec ton sexe. Parfois fort, parfois fatigué, toujours aimable.Avec mon amas de questions périmées sans doute. Avec mon amour compulsif et sans toi.
17:19 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note





Commentaires
Un très beau texte, O., encore une fois, et qui m'émeut beaucoup, que j'ai le sentiment de comprendre ou de connaître... Bises.
Ecrit par : Loulou | 23.01.2007
Superbe, vraiment. De "puisqu'" à "toi".
Je pleurais déjà en arrivant... je suis une flaque maintenant...
Ecrit par : bridget | 23.01.2007
Toujours aussi beau...continu
merci
et passe voir mes textes a moi, ca me ferais plaisir, plus que tu l'imagine
J'te laisse et je t'envois pamis tant d'autres cette fleurs...qui reste en apesesenteur
Garde la peche...
Ecrit par : morad | 24.01.2007
Merci merci merci...
Mais quel est le lien morad?
Ecrit par : O' | 24.01.2007
bon j'attend la suite mamzelle !!!
cioo
Ecrit par : morad | 26.01.2007
Vraiment sensible à cette façon de mélanger l'amour et la mort. Pourquoi les plus belles choses sont-elles toujours les plus tristes?
Ecrit par : Philosofille | 28.01.2007
^merci de m'écrire où a été enterré jean-marc svp Merci François francois75020@hotmail.fr
Ecrit par : francois | 31.03.2007
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