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23.01.2007
la vie, le reste
Puisqu'on doit écrire.
Il y a la vie et le reste. Dans ta vie, je suis le reste. Tu ne comprends pas tout. Normal. Ceci est un dialogue de Desplechin. Aussi torturé. Le reste c'est le péché, la douceur acide du noyau d'une nectarine, l'odeur de l'essence, la cigarette de trop, la ligne de coke lorsque tu es enrhumé, la nuit blanche lorsqu'on te croit en train de bosser, l'interdit casse bonbon mais dont on a du mal à se séparer. La proie qui t'irrite quand tu imagines son corps dans d'autres draps. Je rentre tard et me blottis sous les gouttelettes brûlantes de la douche. J'y ai été en converses rouges. J'ai toujours envie de faire sortir la tristesse de mon corps par tous les pores. Olivier est un porc.Fuck.Des souvenirs alcoolisés de la soirée de la veille me reviennent. Les hommes n'épousent jamais celles à qui ils mettent un doigt dans le cul, a dit Emma. Ça doit être ça. C'est triste. Être une épouse joyeuse mais boudée du plaisir.Une maman ou une putain. J'ai été à son enterrement en converses rouges. Ça ne m'aurait jamais traversé la tête si je n'avais pas tout cet alcool dans le sang. Parmi les gens bien sages au sourire fermé pour cause de décès, j'ai affiché une dentition impeccable. Je ne connaissais pas l'écrivain mais je pensais qu'il méritait mieux que ces têtes de morts pour honorer la sienne, de mort. Ses écrits étaient déglingués, speeds et médicamentés mais ils n'avaient rien à voir avec tout ce bardas de bonnes intentions. Leurs regards m'ont fait trébucher. J'ai aimé me surprendre à être l'intrus d'une scène quasi théâtrale. Le père, le saint esprit, et toutes leurs conneries... Lui, il a tué son père dans son dernier roman et son esprit, tout comme son corps, était tout sauf sain. Fallait absolument penser à quelque chose de triste. Très triste, la mort de mes grand-parents ou de mes parents. Trop classique. M'arrache trop de larmes en temps normal. Il me fallait du paranormal. Un truc plus enfoui dans mon coeur. J'ai pas mis trois minutes à trouver. J'ai pensé à ta mort. A toi. Vite dévié vers la douleur insurmontable de penser que je ne serais plus jamais emboîtée dans ton corps et que je ne serais jamais dans « ta vie » mais toujours dans le reste. Ça m'a ôté ce sourire idiot que tu connais et que tu sais même reconnaître à trois kilomètres. Une douleur vive qui stagne depuis plusieurs mois. Un soir j'ai rencontré ta tête dans un hall d'entrée et elle m' a pas quittée.Le reste tu le connais. Moi j'ai pas tout capté. T'avais qu'à claquer des doigts. J'aurais vendu père et mère pour pouvoir me réveiller tous les jours en pensant à toi sans me dire que c'est mal. Alors je suis rentrée bien facilement dans l'atmosphère morbide qui flottait dans l'air en repensant à comment j'étais accro à ton corps, à la douceur de tes hanches, à l'odeur parfois limite de tes cheveux, à la forme de ton nez et au goût de ton sexe. C'est sur ton sexe que ça s'est terminé. Ils ont annoncé que la cérémonie se terminait et Claire est venue vers moi pour me demander de façon détournée ce que je pouvais bien foutre ici et dans cette tenue. Je suis la dernière personne à avoir échangé des mails avec Marc et je voulais venir au rendez-vous que nous n'aurions jamais. J'ai pensé qu'en temps normal je me serais rendue dans le café qu'il m'aurait indiqué avec ces chaussures-ci. Elle a baissé les yeux comme on se lamente des petits enfants qui nous donnent du mouron. Et elle m'a laissé où j'en étais. Assise sur la pierre tombale d'à côté : O. fuyard, 1897-1938. Avec ton sexe. Parfois fort, parfois fatigué, toujours aimable.Avec mon amas de questions périmées sans doute. Avec mon amour compulsif et sans toi.
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17.01.2007
MORT DE MARC VILROUGE
Comment en parler autrement qu'avec ces mots solennels et brutaux? J'ai lu LE LIVRE IMPOSSIBLE quelqus jours avant noel. Le hasard m'as mis sur la route de ce livre et j' ai mis plusieurs jours à m'en relever. Il evoquait avec une telle force les problématiques de l'ecrivain, personnage destructeur et auto-destructeur. Je me suis empressée de faire un mail à l'auteur pour lui dire tout le bien que je pensais de son Livre Impossible....... à oublier. Nous avons échangés quelques mails agréables où il m'a dit la peur qu'il avait face à la sortie de ce livre particulier. Je tentais de la rassurer en quelques lignes mais il est difficile de parler de ce que l'on ressent et ça l'est tout autant vis à vis de ce qu'on a ressenti pour un livre. Un soir de décembre, je lui ai posté mon dernier mail en lui parlant de la revue que je monte avec Antoine, En attendant l'or. J'aurais adoré qu'il nous offre une nouvelle. Je me suis étonnée alors de ne pas avoir de réponse. On m'a prévenu hier que Marc Vilrouge était décédé après un long coma qui datait du 28 décembre. Je sais désormais qu'un de mes mails ne sera jamais lu et resté dans une boite hotmail pour toujours. La vie est étrange. Marc Vilrouge était de ces écrivains perchés comme on dit, sur un fil entre mystère et trouble. Il écrivait la brutalité de la vie, le hors champ de la couleur rose qu'on veut nous infliger. Le Livre Impossible posait la question ultime que se pose tout ecrivain : Qu'est-ce qui est le plus important, la littérature ou la vie? Ce livre m'a mis une claque. Sa mort m'a achevée. Je voudrais vous donner envie de lire son dernier livre...... je ne trouve pas les mots... Pour lapremière fois je vous dirai d'aller lire mon article sur www.zone-litteraire.com. http://www.zone-litteraire.com/actu.php?art_id=1185
09.01.2007
séquence
Nous avons dégringolé les escaliers. La chute fut lente contrairement à ce que nous servent les salles obscures. Ce fut une descente par paliers avec aucune possibilité de stopper l'élan. Un à un, nos membres se froissaient et ne se déliaient pas. C'est génial, me disais-je, nous sommes liés jusqu'à la fin mon amour. non ce n'est pas tout à fait vrai. Je ne me disais pas ça sur le moment. J'hurlais stop à la mort qui me taquinais, me draguais éhontément. C'est après que je me suis dis ceci. Tout de même fallait bien trouver un signe à ce fait précis que nous ayons dégringolé ensemble vers le bas et que nous ayons survécu tous deux au pire. Pas un de nos quatre bras cassés, ni même un ongle fêlé. Je garde ce sourire espiègle que tu faisais durant la chute. Tu n'as jamais voulu m'expliquer pourquoi. Tu soutiens qu'il y a une raison -rationnelle- à cette expression là. Mais je crains que tu n'en saches rien. Tu crois savoir tant de choses que tu ignores. Mais je ne dirais pas que ce soit un défaut. Lorsqu'une chose est partagée par tous les membres du genre humain, on ne peut plus parler de défaut. Une épidémie d'ignorances complexant plus de 6milliards et demi de personnes. Mais ce sourire...C'est ce qui m'a le plus effrayé. L'impression de tomber avec une statue crispée dans les bras. peut-être que c' est ce que tu as toujours été. Une statue crispée entre mes bras, dans mon coeur, entre mes jambes et sur mon dos. Et ma peur qui nous portait vers le bas. Stupide fleur du mal. Tu as conclus ta chute crispée par une souffle net. Comme un geste théâtral. Comme si tu avais pu présager qu'on ne se casserait pas, ni l'un ni l'autre ni nous. Une sorte de souffle auto satisfaisant. Un mal de chien j'avais. Pas tant dans mon dos fracassé que dans mon coeur glacé. J'aurais aimé que tu me serres très fort déversant toute ta peur qui devait nécessairement ressembler à la mienne et que tu me fasses l'amour comme jamais tu n'avais envisagé pouvoir le faire. Tu es resté statue. Et le marbre de ton geste coulait inévitablement dans mon cou. J'ai prié très fort que chaque seconde dévoile une fêlure profonde, une côté fêlée, un dos broyé, un brancard et des sirènes de pompiers.Rien. Nous avions amorti notre chute et nous étions impeccablement liés sans que cela ne te fasse ni chaud ni froid. J'ai bien pensé avoir très mal pour de faux. Te montrer mon sang pour t'effrayer. Feindre un évanouissement. Quelque chose de banal qui aurait collé avec un scène de film. Dans un film, il faut ce genre d'évènement appelé secondaire pour que l'intrigue puisse avancer et que l'histoire prenne. J'avais envie que notre histoire prenne. Rajouter une dose d'intrigue pour rendre cette chute inoubliable. Tu ne me diras que bien plus tard que c' est la seule responsable de ton attitude douteusement calme était la peur . Celle de m'avoir perdue.
15:50 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
03.01.2007
wish or without you
Traditionnellement nous avons à faire des voeux pour Nöel, des voeux fous et incensés autorisés en cette courte période par toute la candeur des visages des enfants, par toutes les étoiles rajoutées grossièrement dans les ciels enneigés, par cette couleur dorée que nous ne trouverons plus jusqu'à l'année suivante. That's life comme on dit.
Traditionnellement nous avons à prendre des résolutions pour le 1er jour de l'année, des résolutions folles et incensées aboyées haut et fort par toutes les miss météo et madames JT, par le Président de la République tout aussi bien que par le boucher. Traditionnellement -encore- une fille comme moi ne regarde la météo que le son coupé et ne va pas chez le boucher depuis belle lurette. Traditionnellemet une fille comme moi formule tout un tas de voeux désuets et inutiles. Il conviendra d'ajouter qu'une fille comme moi ne veut rien dire. A part dans les comedies romantiques américaines. Même dans les comédies américaines.
Cette année je me souhaite de ne plus rêver sur le dos des comédies romantiques américaines - fucking cameron diaz! tu te rends compte que c'est Jude qui te dis i love you là?-, de me délecter en compagnie de livres fous et incensés - mes préférés-, de ne plus te sourire, de regarder autant de DVD nécéssaire à mon organisme, de boire des tisanes relaxantes autant de fois que possible, de boire du Bordeaux autant de fois que nécéssaire - mieux vaut boire et dégueuler que ne pas boire et s'emmerder= Gérard Présgurvic ds son questionnaire de Proust-. Je me souhaite de belles aventures , des rencontres poignantes, des ciels bleus foncés, des vents qui rendent fous, des "coincidences enchantées", des amitiés bénéfiques pour changer des amours toxiques. Je souhaite à mon coeur de ne plus s'emballer lorsque tu appelles, si tu rappelles. De prêter attention à tout ce qui m'entoure, de dormir dans des bras bienveillants, de ne plus aimer les hommes dont le coeur est fainéant ou à moitié gribouillé, et à moitié occupé.
De ne plus avoir peur. Jamais. Pour pouvoir foncer vers l'impensable, pour pouvoir gravir des mini montagnes ou des grandes collines,pour pouvoir monter dans ascenceur, pour pouvoir avoir de belles larmes et savoir être amie avec moi-même, alone.
23:04 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
01.01.2007
1er janvier 2007
Aujourd'hui, Rien.
J'ai déjeuné avec Michel Drucker.
Je suis partie Dans Paris à la recherche de Louis Garrel avec mon ami pulsar, aspirant l'air frais de cette année , pris l'apéro devant Quand Harry renocntre Sally en rangeant la maison. Beaucoup discutté avec un ami précieux.
Je me suis sentie légère, tellement légère que ça m'efrraie.
Finalement rien n'a changé. Encore...
18:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




