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22.03.2007
Julie Lescaut VS Balavoine
Je viens de délaisser Samuel pour regarder tranquillement le téléfilm où Julie Lescaut ne s'attaque plus à des voyous mais se déguise en infirmière pour sauver des petits bouts de chous juifs. Suis-je une mamie déguisée en petite mendigote? mais c'est cet éternel devoir de mémoire qui nous hante tous plus ou moins. Dans mes nuages, c'est plutôt plus. D'ailleurs c'est toujours plus, plus de sentiments, plus de mots, toujours plus souvent trop.Trop de mots que j'balance comme une sale danse qui tourne dans ma tête et dans celle de ceux à qui elle s'adresse, cette salope de danse, bien trop dense justement qui l'embrouille, qui m'embrouille, et me dépouille au passage de quelques parcelles de dignité puante.C'est vrai, après tout, que cette dignité de merde elle sert pas à grand chose. En matière de sentiment, le seul truc qui compte encore un peu c'est de savoir s'avouer à soi-même que les risques du métiers sont dérisoires par rapport au reste. Le reste, c'est Balavoine, qui raconte qu'aimer est plus fort que d'être aimer,c'est Albert Cohen et les autres ,les diseurs de bonne aventure, ceux qui ont du m'injecter d'hautes doses de romanesque. Quelque chose qui fait mal, qui fait fort, qui fait doux et qui fait surtout chaud partout pas qu'au coeur et pas qu'au reste non plus. Je veux balancer un coeur plein, qui déborde de lui, et je me répands en idiotie, l'idiotie qui se gonfle lorsque le coeur qui n'est pas au repos s'agite un peu trop. Je veux l'aimer dans le calme. Je veux le garder contre ma peau. Je veux faire ma vie, aller plus loin dans mes projets, je veux qu'il reste un brin calé dans mon petit coeur, qu'il prenne soin de lui, qu'il aille aussi loin que possible dans ses projets, que sous ses yeux ne dessinent plus de valises d'anxieté mais plutôt de jolies fossettes à croquer. Qu'il accepte mon sourire à ses côtés, mes bras tendus vers ses rêves, des reves peut-être les notres. Que le temps travaille pour nous. Que la vie me montre le chemin le plus enrichissant.
Julie Lescaut n'a pas réussit à sauver les petits enfants, on ne comprend toujours pas comment cela a pu être possible, comment cela a pu être envisageable, qu'on soit "tuable" juste en raison d'une origine,que la notion de faute se confonde avec celle d'innocence avec une telle indécence. Tant de choses me font mal et me dépassent. Pas nouveau qu'on comprend rien à la vie quand on vieillit. Pire qu'avant. L'éternelle immaturité, ( d'ailleurs c'est le thème du nouveau Blaast). Je voulais naitre dans les années 50 moi et puis à New York pour sortir avec Lou Reed et baiser sans capotes. Je voulais pas être le fruit de cette génération floue ayant enfanté une génération gluante et immobile, j voulais pas voir ça, ces génocides, ces virus de merde, ces écrans d'ordi qui nous tuent les yeux à petits feux ni ces débats sans fin sur les emplois fictifs, les emplois foireux et les sans emplois. Je voulais chanter en Andalousie, mettre du rouge à lèvres rouge et des chemises à carreau vichy...
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16.03.2007
Lettre à qui
Il a fallut du temps, un brin trop. Un brin orageux aussi pour que je parvienne à reprendre le chemin de ce nowhere qui m'a tant fait de bien. Le temps de lancer une revue littéraire, d'organiser une soirée au-delà de mes espérances, de vivre des choses trop fortes, trop dures, et des choses idiotes.
J'ai enterré ma grand-mère.
J'ai découvert de nouvelles émotions, des larmes insoupçonnées. J'ai expérimenté le déchirement qui me faisait tant peur lorsque je l'imaginais. Mille fois j'y ait pensé la larme au creux de l'oeil, imaginant l'angoisse, le choc de la perte, le trou que cela creuserait. C'est uen chose qui m'obsède. J'appréhende ces morts avec la conscience trop amère de l'irrémédiable. Mais la vie, elle, a ses pouvoirs. Et le trou s'est creusé bien plus terrible que dans le film que je me déroulais. La vie cette saleté m'a poussée en plein milieu d'un Almodovar, d'un film noir où des femmes brunes endeuillées marchent lentement derrière un cerceuil qui traverse le village jusqu'à une minuscule Eglise. Voilà. Il fallait soutenir et serrer le bras de ma mère le plus fort possible et parvenir à faire un pas de plus sans se ruer sur la boite sombre et glacée qui venait d'enfermer pour toujours ma mamie.
La posture ridicule des croque-morts, les visites incessantes de la famille et du voisinnage, les tonnes de fleurs qui ven,aient peupler notre désespoir.. Je conserve tout bien planqué dans mon coeur qui ne respire dejà plus pareil. La perte et la peur se conjuguent tellement bien. Depuis, lorsque je quitte ma mère, mes yeux se flouent. Je suppose que cela passera. Puisque tout passe.Dramatiquement.
Car cette fichue vie qui s'arrête comme une chienne, elle reprend ses droits aussitot. Hop un train et des litres de larmes plus tard tu dois "vaquer" à tes occupations? tu as une grosse soirée à finir de préparer, les heures s'enchainent, détails de dernière minutes et problèmes qui émergent. Il faut fêter EN ATTENDANT L OR dignement. C'est prévu. La mort de mamie non. Pas prévu. pas là. Pas si vite. Pas comme ça. Toi tu n'as envie que d'une chose: dormir pour de vrai, faire une vraie nuit calme et dans les bras de l'homme que tu aimes. Mais non.C'est le stress qui se place alors pile poil dans le trou creusé par l'évènement de la veille. Car il y a bien une salle trop grande à remplir et des textes litteraires à célébrer. Ma respiration s'arrête entre les lignes de mon lecteur. Mon sourire déborde trop en le regardant. Je suis fière de lui et du monde qui est là, au rendez-vous de "la scène littéraire" parait-il. Je préfère rester en retrait pour voir tout ça. pas besoin de participer tout de suite. Je ne comprendrai jamais les egos des pauvres gens. Je m'en fiche. je profite du moment. Mon seul bonheur est de voir les gens sourire, apprécier. Je ne suis pas là pour autrechose. Pas là pour apprécier moi. Et je suis contente oui de voir le monde, le bar bondé, les réactions du public aux lectures et au concert. Discrètelent au fond de la salle j'observe et je ne me lasse pas. Je sais qu'ensuite ce sera la ronde des sourires et je ne m'en plains pas non plus. Mais mon moment préféré sera déjà passé. Ce sera celui-là. Mon retrait. Le reste, m'a-t-ton dit, ressemble à ce que sera ton mariage! Un pas à la demi-heure des sourires aux onvités et l'oreille parfois comédienne. Mais mon mariage n'est pas prévu non plus et c'est le genre qui peut pas trop vous tomber dessus. Il n'ya que les mauvaise nouvelles qui tombent avec fracas. L'homme que j'aime n'est pas venu alors qu'il était la personne que j'espérais voir le plus de toute cette foule. Je voulais qu'il soit fier de moi, de cette réussite. Je souhaite trop de bien aux gens qui ne le méritent pas. Est -ce ma faute à moi si mon coeur ne bat que pour lui? Il finira par me croire cinglée et moi par le croire égoiste. Je crois qu'il ne me croit pas. Et moi, stupide, je voudrais qu'il comprenne bien, qu'il sache tout, le nombre de minutes où je pense à lui dans la journée, avec précision, qu'il comprenne qu'on ne ressent pas ça cent fois par vie. Mais à quoi bon? Je suis rentrée seule hier soir après la fermeture des portes de la soirée. J'ai fermé les yeux,un peu fière de moi, bien triste à cause de lui, mais qui sait peut-être un peu plus sereine?
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