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31.01.2008

amour

D'aussi longtemps que je me souvienne, il m'a semblé primordial d'aimer. Le mot résonna très tôt dans mes rencontres puisque je découvris le couple, en tant que totalité complexe et indicible, à 13 ans avec Benjamin, qui fut mon premier et mon mec pendant presque huit mois...Quand j'y pense, cela me fait sourire, mais pas doucement. C'est avec une sensation glaciale que j'accueille le passé lorsqu'il daigne s'insérer dans mon présent, attraper un bout d'heure et remuer ce qui grouille à l'intérieur. C'est brutal la fin d'un être. C'est une solitude qui s'installe et ne part plus. C'est l'amour qui demeure à jamais triste ou nostalgique, selon le temps et sa façon d'agir, de décider, précisément. Tout a continué. Fatalement, il y avait aimer, il y aimer et il y aura aimer. la seule divergence consiste à choisir contre qui on se bat.( dans un film français, La vie en l'air, il y a ce dialogue absurde mais vrai: " Je me marrie" dit l'un, " Ah oui? Contre qui? " répond l'autre).... Alors l'amour ne m'a jamais quitté, quelque soit sa forme, quelque soit sa force et son erreur. Les données sont multiples, et les histoires se composent avec autant de couleurs que ces salades parisiennes à faire soi-même. Le goût, la saveur, on les pressant, mais il n'y a rien de plus incertain ni rien de plus flou que la frontière entre les désirs et la réalité. Il y a ce livre, que j'ai chroniqué pour la prochaine réactu de zone littéraire: Les secrets des femmes mariées, de Carol Mason. Dans un mélange de roman de fille, avec anecdotes comiques de notre quotidien et de roman brut sur la face cachée de nos vies banales. L'amour y est présent, partout, mais ils s'étale bien au-delà de ses frontières maritales. A la fin, est-ce si grave? Est-ce que la recherche du bonheur suit nécessairement la route de la fidélité, du couple. Faut-il ignorer les démons ou les apprivoiser pleinement? Dans ce livre, on comprend à quel point le glissement est facile, comme il n'a presque rien à voir avec l'Amour. J'ai aimé, très fort, dans la tourmente, dans l'indécence alcoolico-spleen-esque, dans la fuite du stylo, les longues phrases compulsives. Cela fini par ressembler à du vent. Il n'y a rien de plus compliqué que de vivre l'Amour du couple, le lien charnel et quotidien qui unit à un autre. Lors de phases passionnelles, l'autre s'offre à vous comme un combat vif à la fin programmée, c'est une passion qui se fourvoie. Le couple est un présent qui s'allonge de jours en jours, d'heures en heures. Ce qui s'étend c'est la force du lien de nécessité qui nous expose à la peur constante de perdre l'autre qui s'est greffé comme un supplément de chair sur la notre. Un supplément qui viens forcément en opposition avec soi. Car différent. Mais ce qui rend cette expérience des plus désirables c'est la construction que l'on fait. C'est cette sensation d'un combat pour le "plein" et non pour le vent, le vide. Mais tout est complexe, le bonheur prend de la place, une place débordante qui déstabilise. Après être apparu comme une tornade, il fait comme chez lui, il régit nos paroles, nos pensées... Mais nos pulsions, nos angoisses, pourquoi ne les extermine-t-il jamais? Ce livre, donc, m'a rappelé que l'herbe a seulement l'air d'être plus verte ailleurs, que les pulsions tournoient sur elle-même pour produire des larmes, même si elles sont là pour nous aider à vivre, à combattre. Mais surtout, que rien n'est simple, jamais. Et c'est tant mieux.

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