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10.02.2008
Et la vie continue
Je disais que la vie continuait quelquepart, sans que le fossé entre les mondes ne soit synonyme d'angoisse. Je disais qu'il n'y a qu'un pas entre mais que ce pas prenait toute son ampleur dans la main qui t'aggripe pour le retour. Suis-je un petit être faible qui ne sort de ses angoisses que par le biais de l'amour?
Retour à la vie, celle que l'on nomme à juste titre la vie quotidienne, qui s'empare facilement de nous lorsqu'on a un pied dedans. Je lutte souvent contre un excès de misanthropie aigüe, lutte que je manie avec la souplesse d'un pantin et que ma large bouche pleine de dents sert à merveille. J'ai souvent envié les femmes que j'appelle "froides et hates". Celle qui imprime sur elles le respect et l'énigme sans qu'elles n'aient à ouvrir la bouche. naturellement. A l'hôtel la semaine dernière, en attendant mon amoureux, à la table, j'ai été victime-le mot est bien trop exagéré- d'oeillades déplacées et redondantes d'un groupe d'hispaniques de la table d'à côté. Je déteste ça, comme je déteste les "tsstss" dans la rue dans la bouche des jeunes cons et encore plus les intrusions irritantes des ouvriers dans tes pas, la journée, si tu t'aventure sur le chemin de leur travaux( la rue quoi). J'ai toujours eu envie d'être ces femmes "froides et hautes". J'imagine qu'avec celles-ci, ils n'osent pas y aller franco comme ça. Moi, je suis comme des leurs. Le teint mat, le sourire ultra large, la tête de poupée un peu latina et les formes là où ils aiment. Direct. Même en converses, mon corps rend à mon insue ma démarche avenante. J'inspire surement plus la danseuse du ventre ou de flamenco que Charlotte Gainsbourg ou Carole Bouquet. C'est ainsi. J'ai toujours pensé que ce genre de femmes étaient apte à mettre la distance entre elles et le monde à la façon d'une statue grecque, d'un mannequin triste, qu'elles étaient assez belles pour imposer cette distance et couper à ce genre de morveux -dont je n'ose pas imaginer la façon de baiser clichée et salace-, le sifflet et le reste.
Souvent bien éloignée de la mine douce que décide de prendre mon visage, je voyage intérieurement entre le monde qui grouille autour et l'intérieur de ma carcasse. Décalage permanent, ou presque, qui constitue une belle couverture.
Le retour. Des appels de gens que j'aime qui réchauffent le coeur, qui donne un sens à l'amitié, sens que je décortique depuis un bon moment. Envie de voir des gens qui me font du bien et seulement eux. V, par exemple, qui te rend bien, qui te rempli de bonnes choses quand tu la vois. Découverte aussi que finalement, tu n'es vraiment plus en phase avec d'autres, qui pourtant ont accompagné ta vie. C'est bizarre, douloureux, mais c'est cela, je crois, la vie.
14:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





Commentaires
En même temps, les Espagnoles, ils ont l'habitude d'y aller Franco.
(et hop, je sors)
(ou plutôt, je pars)
Que nos quotidiens soient pleins de vie, en attendant :)
Ecrit par : secondflore | 10.02.2008
rooo oui il me tarde aussi (même si c'était pas moi ) :-)
Ecrit par : le coach de jen | 11.02.2008
Ben plains-toi ! j'en connais de belles et froides qui seraient ravies d'avoir cette sensualité latina dont tu causes ! Décidément, l'herbe est toujours plus verte dans le pré de la voisine ;-)
Sinon, tu imagines biens que les notions de déphasage ou de décalage m'évoquent deux ou trois choses...
Ecrit par : benoit FAPM | 12.02.2008
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