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24.02.2008

certains marcs de cafés devancent nos intentions

J'étais là, à trop chercher une fonction à ce mal de crâne, à faire valser des squelettes d'idées noires sous mes pieds fripés par le bain. J'avais cru pouvoir me débarrasser de la tignasse sombre de cette déprime qui m'avait collé au cul depuis la veille. Mais rien. Ni Xanax ni café noir n'avaient une quelconque place dans cette ruée vers la peur. Le monde, comme il brillait hier avec des poignes superficielles, il m’a chopé par le cou et la bouche s’est refermée, en un éclair. Je n’étais plus forte, j’étais vaseuse, paumée, à le regarder faire, boire et puis rire, échanger sous leurs manteaux des sarcasmes inutiles. C’est alors que j’ai compris que la balle ne passait même pas devant moi, que si je me penchais je ne l’attraperais pas. Ils avaient leurs anecdotes chaleureuses, leur scénographie égocentrique et moi, mon balochon, pleins de projets en cours, d’envies en fleurs, semblait avoir la fermeture cassée. Impossible de me souvenir de ce qui faisait ma force, de ce qui remplissait ma besace de fiereté. mes bagages restaient muets, et le temps défilait.

Commentaires

A l'écrire, le temps prend la mesure du désir de s'en soustraire ; et en se penchant, on ne saisit du monde que notre impossibilité à le dominer : j'aime quand de cette impossibilité, on en dégage l'émotion et la force, et la tension et l'effort de ne pas s'y résigner...

Ecrit par : arnaud | 24.02.2008

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