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16.03.2008

Fille à l'envers

Cette nuit, alors que mon mec dormait à poings fermés, je fus prise d'une drôle d'insomnie. Le genre d'insomnie stupide où tu luttes pour trouver le sommeil alors que tes yeux sont grands ouverts. J'ai fini par me lever et ouvrir une nouvelle fenêtre pour ce blog. Je me suis demandée comment pouvait-on être une simple bloggeuse dans NY city, un peu chroniqueuse dans un canard et se retrouver en photo tout au long d'un bus du centre ville. Les deux épisodes de SEx and the city m'avaient achevé. Je ne saurais même pas me faire sponsoriser par une bannière de pub à la con, comment aurais je pu inspirer le cul d'un bus? Je bloggais, en dilletante, depuis presque deux ans. je rencontrais parfois des gens qui , selon leurs dires, me lisaient souvent, et adoraient ce que je faisais. Mais je n'étais pas de ce genre de filles à qui l'on dit : love etc... On aimait peut-être ce que j 'écrivais mais jamais on ne pensais à moi pour habiller un bus........ Je n'avais jamais rien fait pour, c'était contraire à façon de vivre,voilà: l'envers du décor du délicieux monde de Carrie et ses potes. Si Carrie et ses niaiseries écrites dans un banal et désuet imparfait(hum, je m'y essais ce soir ok) avaient connu ce succès, ne serait-ce pas pour des raisons autres que ses trois minutes d'ordinateur par jour? Je me suis vraiment demandé ce que signifiait vivre. Impression d'avoir tout pris à l'envers jusqu'à en arriver à confondre le jour et la nuit. Je me suis demandé pourquoi certaines personnes admiraient tout haut les projets dans lesquels je me lançais corps et âme au détriment de mes nerfs, les cheveux aux vents contre des ultra cons, alors que ces mêmes personnes, talentueuses et pleines d'idées aussi valeureuses, ne s'étaient pas lancés dans de tels projets, eux. J'en suis arrivée à la conclusion que je confondais rêves et emmerdements, qu'eux avaient beau louer des initiatives comme les nôtres, mais ne se lanceraient jamais dans telles aventures chevaleresque, épuisantes pour seul but l'amour de l'art ( brut, nécessairement, sans la moindre chance d'y trouver quelconque profit ). Voilà, j'avais tout prit à l'envers. Encore une fois, je comprenais que mes beaux projets ne résoudraient en rien mes perplexités, et qu'il s'agissait donc d'emmerdements artistiques pour peu de choses. Les autres, vivaient, travaillaient pour remplir leur compte en banque autant que faire se peut et ainsi profitaient de leur temps libre pour dépenser ces deniers gagnés sévèrement durant de longues heures mornes mais pépères. ILs vivaient pour eux. Privilégiaient leur trajectoire personnelle, chose que j'aurais sans doute du faire plus tôt, tant que j'en étais capable, au lieu de me chercher beaucoup, d'essayer de comprendre les autres démesurément. J'ai mangé une barre chocolatée et suis repartie aux côté de l'homme qui dormait en essayant en vain de compter les moutons de ma prairie, ce qui j'en suis sûre, vous intéresse beaucoup. Je suis une "piaf" à l'état brut, ne sachant me soumettre à aucune concession, emprisonnée dans des toilettes noirs à l'idée de pouvoir me déployer.

Commentaires

Ceux qui remplissent leur compte en banque pour mieux le dépenser n'ont souvent pas de trajectoire...
(même s'ils donnent l'impression parfois énervante d'aller en ligne droite quand on continue de piaffer)
Haut les coeurs, et tous les bus l'auront dans le cul à la fin!

Ecrit par : secondflore | 16.03.2008

et certains gens n'ont pas fait ces projets car ils n'y ont aussi pas pensés...et puis savoir dénicher, rassembler, réunir, n'est pas non plus à la portée de tous...Toi même n'admires pas trop tous ces gens...surtout que personne ne dit tout ! ;-)
hum suis d'accord aussi avec le monsieur de dessus..

Ecrit par : virginie | 16.03.2008

fermer les yeux - le noir devient plus noir encore : les ouvrir soudain et c'est le noir qui aveugle...

Ecrit par : arnaud | 16.03.2008

tu as déjà fermé les commentaires sur le vide, ne ferme pas l'ensemble de ce lieu, s'il te plait, continue de l'alimenter, please, please, please.

Ecrit par : peekaboo | 17.03.2008

Olivia,

Joindre l'utile Et l'agréable est tout à fait possible. Remplir son compte en banque en faisant ce que l'on aime est tout à fait possible. Alors s'il te plait, arretes de faire le poirier et remets toi à l'endroit, histoire d'avoir les pieds sur terre. Ayé, c'est bon ? Alors maintenant, t'as toutes les cartes en main pour y arriver. Laisses les chevaliers de l'ultra-connisme, ils n'en valent pas la peine. Ils se rendront compte de leur connerie d'après mes calculs vers 40 ans. C'est ce qu'on appelle la crise de la quarantaine.

Ecrit par : G. | 17.03.2008

Quand on se cherche beaucoup, on se trouve un peu. Voilà, j'ai fait ma phrase de la journée. M'enfin c'est pas faux non plus.
A force d'essayer, tu va trouver ta trajectoire. Tu t'en fous qu'elle soit rectiligne ou pas, c'est la tienne. Quant à celle des autres, elle n'est jamais aussi droite qu'elle le laisse à penser. ce serait trop simple.
La biz

Ecrit par : Benoit Fapm | 20.03.2008

Pourquoi? Sûrement parce que la vie ça tient à rien, parce que c'est souvent un sacré concours de circonstances, ou un sacré coup de chance. Souvent il faut être on the right place, the right moment. Tu as tout pour te réaliser ma biche, profites-en!!

Ecrit par : Manue | 22.03.2008

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